Les hospitalisations d’adolescentes et de jeunes femmes liées aux tentatives de suicide et aux automutilations ne cessent d’augmenter, selon les récentes données dévoilées par la Drees le 11 mai. Les jeunes filles âgées de 10 à 19 ans représentent un segment particulièrement touché, affichant un taux d’hospitalisation ayant doublé par rapport à la période de 2012-2019.
En 2025, plus de 84 000 personnes de 10 ans et plus ont été hospitalisées pour des gestes auto-infligés, un chiffre en hausse par rapport à près de 82 000 en 2024. Les femmes représentent près des deux tiers (64%) de ces hospitalisations. Ce total inclut les cas de tentatives de suicide ainsi que des automutilations non suicidaires, telles que les scarifications ou les brûlures, mais exclut les visites aux urgences sans hospitalisation.
Le rapport indique un taux de 170 hospitalisations pour 100 000 femmes et 101 pour 100 000 hommes, une augmentation de 2 % d’une année sur l’autre. Toutefois, cette montée générale masque des « tendances très contrastées selon les âges et les sexes », note la Drees. Elle précise que « l’augmentation des hospitalisations est principalement due aux jeunes filles de 10 à 19 ans et aux jeunes femmes de moins de 30 ans ».
Les jeunes filles touchées dès 10 ans
Entre 2020 et 2021, cette tranche d’âge a connu une explosion de 56 % des hospitalisations, suivie d’une augmentation de 16 % entre 2023 et 2024. Bien que cette croissance ait ralenti à 4 % entre 2024 et 2025, le taux de jeunes filles hospitalisées atteint 482 pour 100 000, se révélant le plus élevé parmi toutes les classes d’âge.
Les experts, dont les commentaires se trouvent dans les publications de la Drees, soulignent que cela « résonne avec les reports sur la dégradation de la santé mentale au sein de cette population depuis le milieu des années 2010, exacerbée par la crise sanitaire de 2020 ».
Concernant les hommes, bien qu’ils restent majoritaires dans les chiffres globaux de décès par suicide, les gestes auto-infligés chez ceux de moins de 30 ans sont en augmentation. Pour la seconde année consécutive, le taux d’hospitalisations pour ce motif chez les garçons de 10 à 19 ans a crû de plus de 10 %, tandis que celui des 20-29 ans a vu une hausse de plus de 5 %.
En revanche, chez les 30-59 ans, les hospitalisations continuent de baisser, atteignant un plancher de 117 pour 100 000 chez les hommes et 129 chez les femmes. Pour les 60 ans et plus, le taux d’hospitalisation des femmes continue de diminuer, tandis que celui des hommes reste stable.







