La situation autour de l'ouverture de Master Poulet à Saint-Ouen, une chaîne de restauration rapide halal, suscite de vives réactions en France. La France Insoumise accuse le maire Karim Bouamrane (PS) de mener une politique visant à gentrifier le quartier en tentant de fermer cette enseigne, mais une étude récente de l'Ifop remet en question cette perspective.
Tout a débuté le 11 avril quand Master Poulet a ouvert ses portes, suscitant des tensions palpables entre le maire, qui prône la lutte contre la malbouffe, et des membres de LFI qui défendent la liberté commerciale. Dans son combat, Bouamrane cite les nuisances sonores et olfactives pour justifier ses actions, ce qui lui vaut de nombreuses critiques. However, selon l'étude de l'Ifop, le soutien à cette décision paraît bien plus large que prévu, car 55% des Français sont en accord avec la position du maire. Ce chiffre grimpe même à 75% parmi les ouvriers et 61% pour les habitants des banlieues populaires, tandis que l'opposition est remarquée chez les cadres (48%) et les résidents de quartiers plus aisés (29%).
François Kraus, directeur du pôle « Politique/Actualités » de l'Ifop, souligne que ces résultats devraient inciter à repenser la narrative sur la gentrification. Loin de présenter Bouamrane comme l'ennemi des classes populaires, l'étude appelle à distinguer les récits militants et la réalité sociologique. La rhétorique des insoumis, qui dépeint le maire comme un défenseur d'une « classe supérieure », s'essouffle face aux données.
Un autre aspect de la discussion est que le rejet des fast-foods devient critique lorsqu'ils se rapprochent des résidents. En effet, 67% des Français refusent l'ouverture d'une enseigne comme Master Poulet dans leur rue, mais ce taux diminue à 56% dans leur quartier et 47% dans d'autres quartiers de leur commune. Ainsi, la réticence semble davantage liée à la proximité qu'à une position idéologique fixe.
Le maire, tout en revendiquant sa légitimité à agir contre l'expansion de ces enseignes, se confronte actuellement à des défis éthiques. Une enquête indique qu'un Français sur deux préfère limiter le développement des chaînes de restauration rapide, tandis que 32% maintiennent une position indécise.
Cette controverse illustre le fossé existant entre une gauche universaliste et une gauche plus communautaire. L'Ifop révèle une dichotomie au sein même de la gauche : 61% des sympathisants socialistes soutiennent le maire, alors que le soutien chez LFI tombe à 45%. De plus, la droite exprime un soutien encore plus marqué, avec 63% chez LR. Cela dévoile l'unicité de la situation qui, malgré sa nature locale, résonne à l'échelle nationale, attirant l'attention de plus de 52% des Français, un chiffre particulièrement notable à 68% chez les Franciliens.







