'Narchomicide', un terme originaire de Marseille, sera inclus dans l’édition 2027 du Petit Robert, célébrant ainsi son 60ème anniversaire. Ce néologisme, qui désigne un meurtre associé au narcotrafic, a été inventé par Dominique Laurens, l'ancienne procureure de la République de Marseille, en 2023. Depuis lors, il a trouvé écho dans divers médias et discussions, témoignant de sa popularité fulgurante.
Ce mot fait partie d'une liste d'autres termes récents comme 'équithérapie', 'proxy', 'fast fashion', 'découvrabilité' ou 'manosphère', ce dernier désignant une communauté masculiniste sur internet. Dans la précédente édition, le Petit Robert avait déjà accueilli de nombreux mots du jargon marseillais tels que 'tarpin', 'gâté' et 'tanquer'.
Les marseillais de l’Estaque sont très partagés
Au bar Albert de l’Estaque, Serge, le propriétaire, exprime son scepticisme : "Cela me dérange que narchomicide soit associé à Marseille, même si c’est une fierté d’avoir ces mots dans le Petit Robert. Paris est la capitale de la France, mais qui oublie que Marseille a aussi une richesse linguistique ?" Christian, un résident de longue date, partage cet avis en affirmant que 'narchomicide' ne provient pas des racines populaires marseillaises.
La conversation de comptoir attire l’attention de Geoffroy, qui lance : "C'est notre argot, celui que nous avons créés nous-mêmes, qui est le plus beau. Des mots comme 'mon vié' seraient dignes d'une place dans le Petit Robert !"
Créativité marseillaise reconnue par les experts
Géraldine Moinard, lexicographe et directrice des dictionnaires Le Robert, souligne la créativité unique de la culture marseillaise et son impact au-delà des frontières locales. "Les mots originaires de Marseille bénéficient d'une visibilité croissante, comme l'a prouvé 'gâté'' grâce au rappeur SCH. Marseille représente une zone d'influence indéniable," affirme-t-elle.
Le français de Marseille occupe le devant de la scène
Médéric Gasquet-Cyrus, linguiste et commentateur d'ICI Provence, renforce cette idée, en déclarant : "Le français de Marseille est le plus dynamique, visible à travers la chanson, la littérature et même sur les réseaux sociaux. Comparativement, d'autres variétés régionales, malgré leurs richesses, n'atteignent pas le même degré de popularité."
En somme, l'entrée de 'narchomicide' dans la lexicographie française n'est qu'un reflet de l'interaction continuelle et créative qui existe parmi les habitants de Marseille et leur amour pour leur langue.







