Le Sénat a adopté mardi un amendement innovant au projet de loi d'urgence agricole, rendant obligatoire l'affichage de l'origine des viandes dans les plats transformés. Ce changement important, proposé par la ministre Annie Genevard, épargnera les produits contenant moins de 8 % de viande.
Les membres du Sénat ont validé un amendement qui impose d'indiquer l'origine des viandes dans les produits transformés disponibles dans les supermarchés, tels que les lasagnes, le croque-monsieur ou encore le cassoulet. Annie Genevard a souligné l'absence d'informations sur l'origine dans ces plats, alors que cela est déjà en place pour les viandes brutes.
"C'est une avancée inédite car, autant nous avons déjà l'origine affichée sur les viandes brutes, autant rien n'existe quand la viande intègre un plat transformé", a affirmé la ministre, ajoutant qu'il s'agit d'une réponse à la demande croissante des consommateurs pour plus de transparence concernant l'origine de leur nourriture.
Les conséquences pour le secteur
Si cette loi est adoptée, elle complétera les obligations déjà en place pour les restaurants, où l'origine des viandes doit être affichée depuis février 2025 pour la volaille, les ovins et le porc, et depuis 2022 pour la viande bovine.
Le ministère a précisé que le droit européen impose certaines restrictions concernant l'affichage de l'origine, mais qu'une "voie de passage" a été trouvée pour répondre aux attentes des consommateurs, à condition qu'il existe un lien clair entre l'origine d'un produit et ses caractéristiques.
La ministre a ajouté : "Pour la viande française, il est indéniable qu'il existe un lien entre son origine et ses qualités gustatives, la diversité des races et les conditions d'élevage". Elle a également vanté les "conditions d'élevage plus vertueuses" en France, ce qui pourrait renforcer la position des producteurs locaux.
Précisions pratiques
Les responsables de la production alimentaire devront impérativement afficher l'origine de manière lisible, sans recourir à des QR codes. Les plats contenant moins de 8 % de viande ne seront pas soumis à cette obligation. Les informations devront préciser le pays de naissance, d'élevage et d'abattage des animaux, tout en permettant des mentions simplifiées comme "Origine : France", "UE" ou "hors UE" lorsque cela est pertinent.
En outre, le Sénat a également validé une mesure concernant les produits issus de l'aquaculture et a demandé à la grande distribution de divulguer chaque année le pourcentage de produits d'origine française proposés à travers leurs marques de distributeurs.







