La préfecture de police de Paris a pris la décision d'interdire la manifestation d’extrême droite prévue pour ce samedi 7 février entre 17h30 et 19h30. Ce rassemblement annuel, qui commémore les personnes mortes lors des émeutes du 6 février 1934, attire traditionnellement des groupes nationalistes dans la capitale, prévoyant une marche entre l’église de Saint-Germain-des-Près et l’Assemblée nationale.
Dans un communiqué, la préfecture de police motive cette interdiction par la "nature à troubler l’ordre public" en raison d'un "contexte politique très clivé et tendu" à l'approche des élections municipales. Plusieurs manifestations concurrentes sont également prévues, suscitant des craintes de possibles confrontations avec des groupes antifascistes.
Une date avec une forte charge symbolique
Le 6 février est une date chargée d'histoire pour les mouvements nationalistes. Elle rappelle les émeutes de 1934, lorsque des ligues d’extrême droite ont tenté d’envahir le Palais Bourbon pour renverser le gouvernement en place, entraînant la mort de 19 personnes, y compris un policier, et plus d'un millier de blessés. Cette date coïncide également avec l'exécution, en 1945, de Robert Brasillach, un journaliste controversé fusillé pour collaboration avec l'ennemi.
La préfecture fait état d’une probable participation de divers groupuscules d'ultra-droite, tels que les membres du Cercle Franco Hispanique et les collectifs Luminis et Les Nationalistes, dirigés par Yvan Benedetti, déjà condamné pour des déclarations contestables sur l’histoire.
Malgré l'interdiction de cette manifestation majeure, d'autres actions, dites "satellitaires", sont en cours de préparation. Parmi elles, un rassemblement est prévu au cimetière de Charonne sur la tombe de Brasillach, ainsi qu'un autre à la place de la Concorde. La situation reste donc tendue alors que ces événements approchent.







