Sous une pression grandissante pour quitter la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA) à Paris, Jack Lang, ancien ministre de la Culture, a déclaré ce samedi que les accusations visant ses-collusions avec Jeffrey Epstein étaient "infondées". Cette déclaration intervient à la veille d'une convocation par le gouvernement français.
Agé de 86 ans, Lang a affirmé que ces accusations contre lui sont sans fondement. Dans un communiqué adressé à l'AFP, il a exprimé son "soulagement" quant à l'ouverture d'une enquête conduite par le parquet national financier (PNF), qui vise à élucider des cas de fraudes financières.
Les autorités françaises examinent toutes les options concernant son poste à la tête de cet institut culturel emblématique, responsable de promouvoir les échanges culturels entre la France et le monde arabe. "Il sera reçu par le ministère des Affaires étrangères, principal financeur de l'IMA", a commenté Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, actuel en déplacement en Irak.
Les répercussions de cette affaire semblent peser lourdement sur Jack Lang, qui aurait été vu récemment "sonné et épuisé" après un séjour à Marrakech. Barrot a souligné la nécessité d'une enquête rigoureuse sur des accusations jugées "extrêmement graves" et impliquant une enquête sur des financements suspects.
L'engouement médiatique a alimenté les appels à la démission de Lang depuis que des documents révélant ses liens avec Epstein ont été publiés par la justice américaine le 30 janvier. Laurent Merlet, avocat de Lang, a défendu son client, arguant que la tutelle a le devoir de demander des clarifications sur des accusations sans fondement qui circulent sur les réseaux sociaux.
Mercredi, Lang avait refusé d'envisager une démission, faisant valoir sa "naïveté" à l'égard de ses contacts avec Epstein, qu'il avait rencontrés il y a une quinzaine d'années grâce au réalisateur Woody Allen. Bien qu'il n'existe pas de charges formelles contre lui, la mention répétée de son nom dans des documents à 673 reprises a jeté une ombre sur sa réputation, tout comme celle de sa fille Caroline, ayant récemment démissionné de son poste à la tête d'un syndicat de producteurs de cinéma.
Caroline Lang a nié une relation intime avec Epstein, expliquant que son père n'était pas sensé connaître les activités criminelles passées d'Epstein. "C'était un ami, non pas un intime", a-t-elle déclaré sur BFMTV.
Le PNF a ouvert une enquête préliminaire concernant des soupçons de blanchiment d'argent, liée aux révélations de Mediapart concernant les financeurs potentiels de Jack et Caroline Lang.
Les documents américains montrent une correspondance entre Lang et Epstein, où Jack Lang aurait demandé l'aide du financier pour se rendre à une fête, révélant ainsi une dynamique complexe entre les deux hommes. Par ailleurs, la fondation IMA, créée en 1980, est dirigée par Jack Lang depuis 2013, après avoir été proposé à ce poste par les autorités françaises.







