À seulement 34 ans, Adama Gaye s'engage sans étiquette politique pour la mairie de Mantes-la-Jolie, une ville qu'il considère comme sa terre natale, nichée à l'ouest de Paris. Avec une formation à Sciences Po et une carrière à l'international, il entend contrer une droite bien ancrée dans la municipalité depuis trois décennies. Sa volonté ? Rompre avec un système qu'il qualifie de conservateur.
Dans son QG, situé en plein cœur de Mantes-la-Jolie, une carte de la ville est déployée sur la table alors que des militants s'organisent pour les opérations de tractage. “Ces rues sont faites. Passons maintenant au porte-à-porte,” lance une volontaire, entourée d’une dizaine de bénévoles concentrés sur leur téléphone. L'organisation est rigoureuse, la dynamique s’apparente davantage à une startup qu'à un parti politique.
Adama Gaye, vêtu d’un costume sombre et d'une voix calme, observe les échanges, attentif aux besoins et aux idées de son équipe. Agissant en tant que candidat indépendant avec une « sensibilité de gauche », il aspire à « déjouer les pronostics » des élections de mars prochain.
Mantes-la-Jolie, une commune comptant 44 000 habitants, est actuellement dirigée par la droite depuis 1995, et le maire sortant, Raphaël Cognet, vise un troisième mandat. Avec un taux de pauvreté de 32 % et une période de chômage touchant près d'un habitant sur cinq, la ville fait face à des enjeux sociaux cruciaux. L'abstention aux dernières élections municipales a également été préoccupante, atteignant plus de 72,5 % lors du premier tour de 2020.
“Je suis un enfant de la ville”
“Je suis né ici, j'ai grandi au Val Fourré, j'ai fait toute ma scolarité à Mantes. Je suis un enfant de cette ville,” déclare Adama. Issu d'une famille modeste, son père mauritanien et sa mère sénégalaise, il porte son héritage avec fierté, se définissant comme un “Français aux origines africaines.” Son parcours impressionnant le mène à Sciences Po puis à des postes prestigieux dans le secteur privé.
Après dix ans passés hors de Mantes, l’idée de se représenter à la mairie ne l’a jamais quitté. “Je connais la réalité du monde du travail. Les objectifs, les primes, et je veux apporter cette approche commerciale à la municipalité,” explique-t-il.

Avec la récente annonce de sa candidature sur les réseaux sociaux, des rumeurs ont commencé à circuler. “Pour certains, un candidat noir préfigurant un QG en centre-ville semblait incroyable.” En janvier 2026, une vague de commentaires racistes a émergé en ligne, renforçant sa détermination à combattre l'injustice.
Dans cette campagne, il n’est pas seul. Son frère Abou témoigne de son soutien, notant que le timing de sa candidature est crucial : “Il sait ce qu'il veut, et je suis fier de lui.”
Un programme novateur pour la Ville
Lors d’une visite au marché du Val Fourré, Adama Gaye s'adresse directement aux habitants. “Je suis de la ville, je connais les préoccupations.” Sa promesse de rénover le quartier vit à travers des engagements pour améliorer les infrastructures, proposer de nouveaux espaces de santé, et garantir une alimentation abordable pour les plus démunis.
Adama Gaye croit fermement que chaque segment de la ville doit être inclus dans son développement. “Je serai le maire de tous, sans favoriser le centre-ville ou les quartiers.”
Casser les codes de la politique traditionnelle
Sa stratégie de campagne utilise des outils modernes pour toucher un public plus jeune, s'inspirant des campagnes américaines et utilisant Instagram, TikTok et Facebook pour engager la conversation avec les jeunes électeurs. Gaye tient à une communication directe, montrant ainsi sa volonté de changer le paysage politique.
Finalement, de nombreux soutiens de toutes classes sociales et ethnies se rassemblent autour de lui, prônant une vision d’unité alors que Mantes-la-Jolie aspire à un avenir plus inclusif. “Vive la relève, vive la jeunesse !” conclut Salah Zaouiya, une figure respectée de la communauté.
Malgré l’optimisme, Adama Gaye est conscient des défis politiques. “Je ne fais pas illusion, je sais que la politique nécessite du courage. Je suis prêt à tracer mon chemin.”







