Chaque année, jusqu'à 2 500 nouvelles personnes reçoivent un diagnostic de sclérose latérale amyotrophique (SLA), communément appelée maladie de Charcot. Cette affection, entraînant une paralysie progressive et incurable, se manifeste souvent par un décès dans un délai de deux à cinq ans suivant l'apparition des premiers symptômes. Une étude de Santé publique France (SpF) couvrant la période 2010-2021 révèle que l'incidence des maladies du motoneurone, dont 90 % des cas sont attribués à la maladie de Charcot, varie considérablement à travers le pays, comme l'indique Le Figaro.
La maladie touche en majorité les personnes âgées de 70 à 79 ans, et les hommes sont plus souvent affectés. Cependant, des zones d'incidence élevée ont été identifiées. En Guyane, par exemple, on recense 1,06 cas pour 100 000 habitants, alors qu'en Bretagne, ce chiffre grimpe à 3,77. Parmi les départements où le taux est élevé, on retrouve la Lozère et le Morbihan, contrairement aux départements ultramarins et à la Haute-Corse, qui enregistrent des chiffres en dessous de la moyenne.
Des clusters locaux sous surveillance
Des foyers très localisés s'avèrent aussi préoccupants. Dans le Sud-Est, entre Nîmes, Avignon et Alès, on a observé 557 cas contre 449 attendus, soit une hausse de 24 %. Sur l'axe Guingamp-Lorient, 520 cas ont été recensés, dépassant là aussi les prévisions, avec une augmentation de 25 %. Le taux d'écart avec la moyenne est encore plus significatif dans le Massif central, où Clermont-Ferrand a signalé 315 cas contre 241 anticipés, soit une augmentation de 31 %. Au total, huit zones de « surrisque » ont été identifiées, dont deux zones de surmortalité : le sud de la Bretagne, avec 463 décès enregistrés contre 334 attendus (+ 39 %), et Saint-Étienne, qui a déploré 339 décès contre 298 attendus (+ 13 %).
Des facteurs environnementaux en cause
Les raisons derrière ces variations régionales demeurent obscures, mais plusieurs hypothèses émergent. Selon des experts, la génétique pourrait expliquer environ 10 % des cas, tandis que les facteurs environnementaux tels que l'exposition aux métaux lourds, les conditions professionnelles, les modes de vie ou encore certains traumatismes pourraient jouer un rôle prépondérant. Un cas emblématique vient du hameau de Montchavin en Savoie, où 14 personnes ont développé la SLA entre 1990 et 2018, toutes décédées. Des recherches ont mis en lumière un lien potentiel avec la consommation de champignons sauvages, notamment de fausses morilles vénéneuses. Un autre cluster a été relié à une toxine produite par des cyanobactéries aux abords de l'étang de Thau (Hérault), rapporté par Le Parisien.
Chaque année, la maladie de Charcot est responsable d'environ 1 840 décès, souvent dus à des complications respiratoires. D'après l'Inserm, la SLA frappe majoritairement des individus sans antécédents familiaux. À l'heure actuelle, il n'existe aucun traitement capable de guérir cette maladie complexe.







