Présidentielle 2027 : l'union divisée à droite et au centre

À un an des élections, l'union à droite suscite débats et tensions.
Présidentielle 2027 : l'union divisée à droite et au centre
©Bertrand GUAY, AFP - L'ancien ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, après avoir annoncé sa candidature à l'élection présidentielle, le 12 février 2026 à Paris

À un an de l'élection présidentielle, la droite et le centre peuvent-ils vraiment envisager une union face à un potentiel duel entre le Rassemblement National (RN) et La France Insoumise (LFI) ? L'idée d'une candidature unique, soutenue par de nombreuses personnalités allant des macronistes aux Républicains, paraît difficile à concrétiser et suscite des dissensions parmi les leaders des partis.

Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement Renaissance, s'est exprimée sans détour sur LCI, affirmant : "Je me contrefous de sauver les partis". Cette déclaration s'adresse tout particulièrement aux chefs politiques, notamment à Bruno Retailleau, président des Républicains.

Retailleau, qui est déjà candidat pour 2027, avait fait valoir que l'absence des Républicains à la présidentielle pourrait être fatale pour le parti. Dans une interview au Journal du Dimanche, il a rejeté l'idée d'une "synthèse molle" correspondant au macronisme et a souligné qu'une candidature unique devrait découler d'une réelle dynamique de campagne.

Cette position tranche avec l'appel lancé par 90 personnalités de droite et du centre dans La Tribune. Des parlementaires et anciens ministres, allant de Renaissance à LR, en passant par le MoDem et Horizons, ont encouragé leurs dirigeants à "dialoguer" et à établir un "large rassemblement", tout en dépassant les disputes personnelles.

Maud Bregeon a résumé cet appel en disant : "On leur dit +entendez-vous+", tandis que le député LR Antoine Vermorel-Marques a averti sur X : "sans union, la gauche radicale et l'extrême droite se retrouveront seules au second tour".

Cependant, la voie vers une candidature conjointe semble semée d'embûches, entre les ambitions personnelles et les divergences stratégiques. Jean-Noël Barrot, ministre et membre du MoDem, a exprimé sur France 3 son scepticisme quant au timing : "nous aurions tort de nous précipiter dans des rassemblements de partis, il est important d'affirmer d'abord nos positions".

Dans le même temps, les tensions entre Gabriel Attal, dirigeant de Renaissance, et Bruno Retailleau se sont amplifiées, le premier accusant le second d'adopter des positions trop proches de l'extrême droite et suggérant un "comité de liaison" avec Horizons et le MoDem, excluant les Républicains.

Bruno Retailleau a répondu avec scepticisme : "Qui me voit faire campagne pour Gabriel Attal ? Soyons sérieux". Cette situation a permis aux opposants de s'engouffrer dans la brèche, le député RN Jean-Philippe Tanguy estimant que ces personnalités "n'ont pas beaucoup de raisons de collaborer" et cherchent avant tout à préserver leur position respective.

Dominique de Villepin, ancien Premier ministre et candidat pour 2027, a averti que tout candidat central pourrait faire face à un "déficit de crédibilité". Selon lui, le macronisme est désormais "mort" et tous les acteurs en place, y compris Retailleau, seront jugés sur un bilan qu'il estime contestable.

Privément, le Premier ministre Sébastien Lecornu ne ferme pas la porte à un rôle de médiateur, tout comme Gérard Larcher, président du Sénat, qui a déjà tenté de rassembler les leaders des partis.

Le défi ne se limite pas seulement à la ligne politique à suivre, mais aussi à la manière de désigner un éventuel candidat commun, entre ceux prônant une primaire et ceux soutenant une sélection résultant des sondages.

Larcher semblerait favorable à une primaire de la droite et du centre, visant à désigner un candidat commun d’ici "novembre". Un proche de Gabriel Attal a exprimé une perspective optimiste en déclarant : "Ce qui compte, c'est qu'il n'y ait pas cinq candidats à la fin", tout en relativisant la position d'Edouard Philippe, jugé le seul barycentre capable de faire front à l'extrême droite, encore largement en tête dans les sondages.

Bien que Philippe ait "pris une sérieuse option", Maud Bregeon a souligné que "douze mois, c’est long" et que cela ne répond pas à la question cruciale de l'unité.

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