En Corse, la dépendance à la voiture rend la hausse des prix du carburant particulièrement alarmante pour les ménages à faibles revenus. Sébastien Ristori, analyste économique, a souligné lors de son intervention sur ICI RCFM que cette situation représente un choc « régressif », indiquant que les ménages les plus modestes consacrent une partie disproportionnée de leur budget à l'essence. Dans certaines régions rurales, cela peut atteindre jusqu'à 15 à 20 % de leurs dépenses mensuelles, forçant ces familles à renoncer à des besoins essentiels comme l'alimentation, les loisirs, et même des soins de santé.
Les répercussions de cette crise ne se limitent pas aux seuls automobilistes. Les entreprises, confrontées à des coûts d'importation et de transport en hausse, répercutent ces augmentations sur les prix des biens, entraînant une inflation généralisée, notamment sur les produits alimentaires. Cela amplifie les difficultés pour les retraités précaires et les travailleurs aux revenus modestes, qui se voient contraints de restreindre leurs déplacements et de combiner leurs achats pour minimiser les frais. Dans les zones rurales, cette inflation alimentaire accentue le sentiment d'isolement et creuse les disparités territoriales.
La crise actuelle met également en lumière les failles du modèle économique et social corse, caractérisé par une forte dépendance aux véhicules, un manque d'alternatives viables, et une grande vulnérabilité face aux fluctuations des coûts extérieurs. Sébastien Ristori appelle à l'instauration d'un mécanisme de stabilisation des prix, qui pourrait amortir les hausses et offrir une protection tant aux consommateurs qu'aux entrepreneurs. Cette initiative serait cruciale pour assurer une mobilité durable et équitable dans une région où se déplacer est fondamental pour la survie quotidienne.







