Le système de retraite français fait face à un défi majeur : les régimes spéciaux, qui représentent un coût annuel de près de 6 milliards d'euros pour l'État. Ces régimes, offrant des conditions de retraite plus favorables que celles appliquées aux autres actifs, engendrent des subventions importantes destinées à compenser leurs déficits. Les principales entités concernées comprennent EDF, Engie, la SNCF et la RATP.
définition des régimes spéciaux de retraite
La France dispose de trois régimes principaux de sécurité sociale, destinés à protéger les individus contre divers risques tels que la maladie ou la vieillesse. Le régime général couvre environ 80 % des actifs, tandis que d'autres régimes s'adressent aux agriculteurs et aux travailleurs non salariés. En plus de ces régimes, des régimes spéciaux existent, établis bien avant l'ère de la Sécurité sociale moderne créée en 1946, qui appliquent des règles distinctes pour des professions spécifiques.
Ces régimes peuvent être classés en trois catégories : celle des fonctionnaires (État, territorial et hospitalier), celle des entreprises publiques et enfin, divers régimes pour des professions particulières, comme les clercs de notaire ou les personnels des grandes institutions culturelles.
le coût et les implications des régimes spéciaux
Aujourd'hui, bien que le nombre de retraités dans les régimes spéciaux soit nettement inférieur à celui du régime général, leurs modalités de départ à la retraite et leurs pensions sont plus avantageuses. Par exemple, le régime général sert plus de 13 millions de retraités, tandis que certains régimes spéciaux ne dépassent pas un million.
Cette situation alourdit la charge du budget de l'État, qui doit verser des subventions conséquentes pour équilibrer les comptes de ces régimes. Actuellement, le déficit du régime général s'élève à 18 milliards d'euros, ce qui incite le gouvernement à envisager la suppression des régimes spéciaux dans le cadre des réformes de la retraite.
Environ 6 milliards d'euros sont ainsi versés par l'État pour maintenir ces régimes à flot, ce qui réduit les ressources allouées au régime général. Les cotisations des affiliés ne suffisent pas à couvrir les pensions, créant un déséquilibre financier : par exemple, les cotisations des IEG ne financent que 68 % des pensions, tandis que ce chiffre tombe à 41 % pour la RATP et 36 % pour la SNCF.
Pour les IEG, le soutien public est spécifiquement constitué d'une contribution tarifaire d'acheminement, contribuant à hauteur de près de 2 milliards d'euros par an. La SNCF et la RATP reçoivent également des dotations de l'État, respectivement de 3 milliards et 700 millions d'euros par an.
Pour conclure, comme l'indique The Conversation, jusqu'à 28 % des retraites des IEG, 62 % des retraites à la SNCF et 59 % à la RATP sont financés par l'État, illustrant ainsi le poids considérable des régimes spéciaux sur le système de retraite français.







