Le marché du luxe traverse une période difficile et LVMH, le géant mondial du secteur, envisage de céder certaines de ses marques les moins rentables. Selon le Financial Times, cette stratégie marque un tournant significatif pour un groupe qui a bâti son empire à travers des acquisitions audacieuses depuis quatre décennies.

D'après les dernières informations, LVMH, qui gère un impressionnant portefeuille de 75 marques couvrant la mode, le cognac, l'hôtellerie et la presse, se transforme d'un acheteur insatiable en vendeur avisé. Au cours des dix-huit derniers mois, le groupe a déjà abandonné plusieurs actifs notables. Rappelons qu'il a récemment vendu Off-White, la marque de streetwear fondée par Virgil Abloh, ainsi que sa participation de 49 % dans Stella McCartney. De plus, en janvier dernier, il a cédé ses magasins hors taxe à Hong Kong et Macao à CTG Duty Free, une entreprise chinoise spécialisée dans le "travel retail".

Les projets de cession ne s'arrêtent pas là. LVMH pourrait prendre la décision de se séparer d'autres marques, dont la célèbre marque de mode américaine Marc Jacobs, le vignoble Joseph Phelps Vineyards, ainsi que sa participation dans Fenty Beauty, valorisée entre 1,5 et 2,5 milliards d'euros. Bien que le groupe ait négocié un accord de vente avec Authentic Brands Group autour de 1 milliard de dollars pour Marc Jacobs, cette opération n’a pas abouti, comme l’indique le Financial Times.

Un ralentissement marqué des ventes

Ce changement de cap s'inscrit dans une dynamique de ralentissement des ventes qui touche le secteur du luxe depuis trois ans. Selon des analystes, même les marques phares de LVMH, telles que Louis Vuitton ou Dior, commencent à ressentir cette pression. "LVMH observe son portefeuille pour identifier les actifs non performants lesquels nuisent à ses marges," indique un analyste à Le Parisien.

Les cessions potentielles pourraient inclure des marques de beauté vieillissantes comme Make Up For Ever et Fresh. D'après le Parisien, Bernard Arnault a également mis de côté un projet de vente à Vincent Bolloré, une décision qui aurait pu susciter des controverses politiques à l'approche d'élections tendues.

Cette série de cessions marque une évolution notable pour un groupe qui, pendant des années, s'est épanoui par des acquisitions multiples. Un expert du secteur note : « C'est inouï; c'est la première fois que LVMH privilégie la rationalisation à l'expansion. »