Construire des ruches adaptées au climat tropical pour promouvoir une apiculture raisonnée : tel est le défi soutenu par la délégation héraultaise de AGIR abcd.
À Gignac, Thierry Laniesse a eu l'idée de construire des ruches avec et pour les agriculteurs malgaches. Cette initiative apporte un complément de revenu grâce à la vente de miel, tout en favorisant la biodiversité locale, comme l'explique un représentant d'AGIR abcd (Association Générale des Intervenants Retraités pour les Actions de Bénévoles pour la Coopération et le Développement).
Une espèce endémique menacée
Christophe Deschler, bénévole d'AGIR et expert de Madagascar, détaille que : "Dans la pratique coutumière, les paysans malgaches s'aventurent dans la forêt pour récolter le miel, détruisant au passage les essaims, y compris les reines. Cette coutume est malheureusement problématique car Madagascar abrite une seule espèce d'abeille endémique, menacée par les incendies, les cyclones et les récoltes sauvages."
Ce projet se concentre sur les paysans vivant en brousse, qui manquent d'accès aux matériaux et outils nécessaires à la fabrication des ruches. "L'objectif est de coupler l'écologie à une utilité économique," précise-t-il. La ruche "Kenyane", simple, peu coûteuse et facile à construire sur place, vise également à booster l'économie locale. Les structures en bois, adaptées aux longues saisons des pluies, sont conçues pour répondre à ce climat particulier. "Nous ne cherchons pas à transformer des cultivateurs de manioc et de patates douces en apiculteurs professionnels, mais à les aider à sortir de la pauvreté," conclut le bénévole.
Armand Da Costa, responsable du rucher école de Grabels, soutient également le projet. En tant que technicien sanitaire apicole, il souligne que "l'apiculture sous les tropiques, avec deux saisons, permet de réaliser davantage d'expérimentations." La Coalition des paysans malgaches, ONG locale, est partenaire de cette initiative, garantissant un suivi régulier. "Maintenir des pollinisateurs comme les abeilles est essentiel pour préserver la biodiversité locale, déjà mise à mal par de nombreuses menaces," ajoute-t-il.







