Le ministère américain de la sécurité intérieure a été contraint d'entrer en situation de paralysie budgétaire ce samedi 14 février, un shutdown partiel qui pourrait durer en raison de profondes divisions entre démocrates et républicains concernant les pratiques de la police de l'immigration, connue sous le nom d'ICE.
Au cours des prochains jours, plusieurs milliers de fonctionnaires seront mis au chômage temporaire, tandis que d'autres, dont les postes sont jugés essentiels, devront continuer à travailler sans rémunération jusqu'à ce qu'un accord budgétaire soit atteint pour le département de la Sécurité intérieure (DHS), qui supervise l'ICE. La situation pourrait également perturber des services cruciaux comme la gestion des catastrophes naturelles et les contrôles de sécurité dans les aéroports.
Les démocrates justifient leur blocage en pointant du doigt les actions de l'ICE, une agence qui fait l'objet de critiques croissantes après la mort tragique de deux Américains à Minneapolis, Renee Good et Alex Pretti, abattus par des agents fédéraux au début de l'année. Le chef de la minorité démocrate à la Chambre, Hakeem Jeffries, a déclaré : “Les dollars des contribuables devraient être utilisés pour rendre la vie plus abordable pour les Américains, pas pour les brutaliser ou les tuer.” Cette déclaration souligne un sentiment croissant au sein du parti démocrate contre les pratiques de l'ICE.
Karoline Leavitt, porte-parole de la Maison Blanche, a critiqué l'opposition, affirmant sur Fox News que “des raisons politiques et partisanes” étaient à l'origine de ce blocage. Cependant, des voix au sein du parti démocrate, comme celle du sénateur John Fetterman, ont témoigné que le shutdown pourrait avoir “littéralement zéro impact” sur les opérations de l'ICE, celle-ci continuant de fonctionner grâce à des fonds déjà approuvés.
Troisième paralysie fédérale partielle
Certaines agences au sein du DHS, comme la FEMA, pourraient également être concernées par cette paralysie, avec des déclarations inquiétantes de la TSA, qui a averti qu'un shutdown prolongé risquerait d'entraîner des pénuries de personnel et des désagréments aux passagers, notamment des retards et des annulations de vols.
Pour adopter un texte budgétaire au Sénat, 60 voix sur 100 sont nécessaires, ce qui complique la situation, même avec une majorité républicaine. Les démocrates posent comme condition essentielle la mise en œuvre de réformes substantielles dans le fonctionnement de l'ICE, y compris l'interdiction de patrouilles volantes et l'obligation d'obtenir un mandat avant toute arrestation.
La Maison Blanche a exprimé sa volonté de négocier, une contre-proposition ayant été envoyée, mais celle-ci a été rejetée par l'opposition, marquant une impasse pour le moment. Les parlementaires ont quitté Washington pour une semaine de vacances, mais un retour anticipé sera envisagé si les discussions progressent.
C'est la troisième fois depuis le début du second mandat de Donald Trump que les États-Unis connaissent une paralysie fédérale partielle, après celles survenues en février et durant l'automne, cette dernière ayant duré 43 jours, un record.







