Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a déclaré que l'ordre mondial traditionnel "n'existe plus" lors de son discours à la Conférence de Munich sur la sécurité, soulignant que les liens transatlantiques semblent fragile.
Au deuxième jour de cet événement prestigieux, réunissant les figures de proue de la défense et de la sécurité, un consensus s'est dégagé quant à la nécessité d'un renouveau, les Européens étant particulièrement appelés à prendre les rênes.
Le chancelier allemand Friedrich Merz a intensément plaidé pour "réparer" et "raviver" la confiance transatlantique lors de son intervention précédente, énonçant que la relation a été mise à mal sous l'administration de Donald Trump.
Depuis son retour au pouvoir, Trump a critiqué l'Union européenne, affirmant qu'elle avait été conçue pour "nuire" aux États-Unis. Sa nouvelle Stratégie de sécurité nationale en témoigne, où il dénonce une menace d'"effacement civilisationnel" pesant sur les Européens.
"À l'ère de la rivalité entre grandes puissances, même les États-Unis ne peuvent se permettre d'agir seuls", a rappelé Merz, soulignant un besoin de coopération renforcée.
Emmanuel Macron, abordant la question avec prudence, a souligné que "la relation est pleine d'incertitudes" et que les deux parties doivent clarifier leurs attentes mutuelles. Il a également insisté sur l'importance de prendre l'Europe en "exemple" plutôt que de la critiquer.
Le président français a mis en exergue l'urgence de construire une "Europe forte" capable de définir ses propres règles de coexistence avec la Russie, tout en appelant à la nécessité d'une approche unie face à l'escalade.
Le Premier ministre britannique, Keir Starmer, a, lui aussi, incité l'Europe à réduire sa "surdépendance" envers les États-Unis, prônant un renforcement de la coopération industrielle pour mieux se défendre.
Marco Rubio, en marge de la conférence, a eu des discussions avec des leaders mondiaux, notamment avec le chancelier allemand et la Première ministre danoise, faisant écho à des tensions passées qui avaient mis à l'épreuve l'alliance transatlantique.
Mark Rutte, secrétaire général de l'Otan, a évoqué un "changement d'état d'esprit" au sein de l'alliance, notant que l'Europe joue un rôle de plus en plus prépondérant dans la détermination de sa propre défense, une opinion corroborée par divers experts de la sécurité internationale.
Un autre point culminant de la journée de samedi a été l'intervention du président ukrainien Volodymyr Zelensky, qui a exprimé l'importance de trouver un accord avec la Russie, alors que les négociations se profilent à Genève.
La France, assumant la présidence du G7, a prévu des discussions sur des sujets variés, allant du conflit en Ukraine à la situation à Gaza, en passant par les tensions avec l'Iran dans un contexte de renforcement militaire américain au Moyen-Orient.







