Le 13 février, Donald Trump a annoncé son intention d'instaurer par décret une obligation de présenter une pièce d’identité pour voter, un choix qui pourrait contourner le Congrès. Cette déclaration intervient alors qu’un projet de réforme électorale ambitieux soutenu par les républicains est actuellement bloqué au Sénat, provoquant des débats passionnés sur son impact sur l’accès au vote des minorités.
Sur sa plateforme Truth Social, Trump a déclaré que cette mesure serait appliquée pour les élections de mi-mandat en novembre, que le Congrès l'approuve ou non. « Quoi qu’il arrive, cette obligation sera mise en œuvre », a-t-il affirmé.
Dans une autre publication, il a précisé qu’il détaillerait les justifications légales pour cette obligation dans un décret exécutif. Pendant ce temps, un texte visant à réorganiser le système électoral américain est étudié au Congrès.
Preuve de citoyenneté exigée
La Chambre des représentants, avec une majorité républicaine, a adopté une proposition imposant à toute personne souhaitant voter de fournir une preuve de citoyenneté, comme un passeport. Ce texte inclut également l'exigence d'une pièce d’identité avec photo pour voter, une condition absente dans la majorité des États actuellement.
Cependant, cette proposition est confrontée à une opposition majeure au Sénat, où 60 voix sont nécessaires pour son adoption. Les républicains, qui détiennent 53 sièges, font face à une résistance solide des démocrates, qui estiment que ces réformes visent à restreindre l'accès au vote des populations minoritaires, souvent moins susceptibles de posséder un document d'identité.
Un rapport de 2024 du Centre pour la démocratie et la participation civique de l’université du Maryland révèle qu’environ 21 millions d’électeurs américains ne possèdent pas de permis de conduire valide, la forme d’identification la plus commune aux États-Unis. Les populations noires et d'origine hispanique sont particulièrement touchées, car elles sont « de manière disproportionnée » moins susceptibles de détenir une pièce d’identité.
Pour les républicains, ces réformes sont avant tout considérées comme une mesure de sécurité afin de prévenir la fraude électorale, malgré le manque d’éléments probants pour soutenir cette affirmation, un sujet de controverse depuis la présidentielle de 2020 que Trump estime avoir remportée face à Joe Biden.
« Nous ne pouvons plus laisser les démocrates s’en sortir impunément », a martelé Trump, soulignant le soutien public en faveur de l’obligation d’une pièce d’identité pour voter.
Ces développements montrent une tension croissante autour des réformes électorales aux États-Unis, qui continuent de diviser profondément les opinions à l’échelle nationale.







