À la suite d’une précédente découverte faite par le STC il y a dix jours, le mouvement indépendantiste Nazione et l'associu Sulidarità se sont exprimés ce matin, déclarant que six militants ont repéré des dispositifs clandestins de géolocalisation et d'écoute sur leurs véhicules privés ou professionnels. Comme l’indique un communiqué de presse, ces deux organisations qualifient ces agissements de « pratiques barbouzardes » et mettent en lumière une « atteinte grave aux libertés individuelles ».
Selon leur analyse, ces dispositifs ne relèveraient pas d'une procédure judiciaire habituelle, mais semblent viser bien plus largement les vies personnelles ainsi que les engagements syndicaux et politiques de ceux qui en sont victimes.
« L’heure est grave pour l’expression démocratique »
Petr’Antò Tomasi, le porte-parole de Nazione, a souligné que la situation constitue une menace réelle pour l’expression démocratique en Corse. « L’heure est grave pour la lutte politique sur l'île », a-t-il affirmé. Cette affaire se produit à l'aube de l'examen parlementaire d'une loi constitutionnelle cruciale relative à l'avenir institutionnel de la Corse. « Historiquement, tous les moments clés entre la Corse et l'État ont été précédés de débats sur la fin de la répression. Aujourd'hui, au contraire, nous constatons une intensification de cette répression », a-t-il ajouté, appelant à des « éclaircissements rapides » du ministère de l'Intérieur et de la DGSI.
Un autre militant, Nicolas Pinzuti, a témoigné avoir surpris des individus en train d’installer un tel dispositif sur son véhicule personnel. « J'ai filmé la scène, ils sont restés une bonne heure à le poser », raconte-t-il, précisant qu’il a démonté son véhicule avant de découvrir la balise, qu'il estime être en place depuis un mois. « S'ils ont des questions à me poser, qu'ils convoquent », a-t-il déclaré, comparant cette intrusion à « quelqu'un qui entrerait dans sa maison ».
Thierry Casolasco, président de Sulidarità, a de son côté exprimé son indignation quant à ce qu’il considère comme un « bafouement total des libertés ». Alors qu'il n'a pas désigné formellement d'auteurs, il souligne que ses demandes d'explications aux parquets de Bastia et d'Ajaccio sont restées lettre morte. « On se demande où la police politique veut en venir », conclut-il, appelant à une prise de conscience collective.







