Les maires de Conca et de Zonza, François et Jacky Bartoli, comparaîtront le 24 juin 2026 devant le tribunal correctionnel de Bastia, accusés de diverses infractions, dont l'organisation frauduleuse d'insolvabilité et le blanchiment d'argent. Cette affaire est liée à la liquidation judiciaire de la paillote La Siesta, un établissement emblématique de la région.
Selon Jean-Philippe Navarre, procureur de la République de Bastia, les deux élus seront jugés pour abus de faiblesse, banqueroute, blanchiment, et recel de banqueroute. Depuis leur mise en examen, ils ont été placés sous contrôle judiciaire, dans l'attente de leur procès.
Les Bartoli ont été déférés au parquet suite à une enquête ouverte en juin 2024, sur la base d'un signalement du préfet de Corse-du-Sud, concernant des manœuvres autour de la liquidation de la société exploitant La Siesta. En effet, le Conseil d'État avait ordonné la démolition de cet établissement pour occupation illégale du domaine public maritime.
Les investigations ont révélé que François Bartoli aurait orchestré, dès la fin 2023, des manœuvres visant à créer une insolvabilité synonyme de détournement d'actifs, privant ainsi les créanciers de leurs droits. Ces opérations auraient permis la création d'une nouvelle entité, la société Battina, le 1er mai 2024, pour reprendre les activités de La Siesta.
De plus, des détails troublants ont émergé concernant les conditions de cession de la parcelle où se trouve La Siesta, au profit de Jacky Bartoli, par le biais de sociétés dont il est le bénéficiaire effectif. Les impacts de ces manœuvres sur la communauté locale, particulièrement sur les créanciers, n'ont pas manqué d'inquiéter.
Trois autres individus seront également jugés pour recel et blanchiment. En mars 2023, près de 500 personnes, dont des figures politiques comme le sénateur Jean-Jacques Panunzi, avaient manifesté leur soutien à La Siesta, alors menacée de démolition.







