Au terme de trois jours d'audience à la Cour d'assises des Landes, l'avocate générale a requis ce vendredi 5 juin une peine de 15 ans de prison ferme contre un homme de 57 ans, soupçonné d'avoir empoisonné son ex-femme à l'insuline. Ce procès a également mis en lumière des accusations de violences conjugales répétées, de provocation au suicide et de menaces de mort.
La représentante du ministère public a précisé qu'elle n'exigeait pas la peine maximale, considérant que la victime n'avait pas succombé et que sa réhabilitation était possible. Cependant, elle a souligné la gravité des actes de son ex-mari, rappelant un épisode marquant de la nuit du 16 février 2022, où il aurait tenté d'empêcher son épouse d'appeler les secours. "Il ne fait aucun doute que l'accusé avait l'intention de tuer", a-t-elle insisté.
Une plaidoirie émotive de la défense
Maître Catherine Mattioli-Dumont, avocate de la partie civile, a comparé l'accusé à Bertrand Cantat, soulignant que la notion d'amour a été instrumentalisée durant le procès. En lisant une lettre poignante de la victime à ses filles, dans laquelle elle exprimait son désespoir, elle a ému l'audience. "Je demande justice non seulement pour la victime, mais aussi pour qu'elle retrouve espoir", a-t-elle conclu, provoquant des sanglots parmi les proches présents.
La défense invoque la manipulation
De son côté, l’avocat de la défense, maître Roman Atalaya, a fustigé les accusations d'empoisonnement et la comparaison avec Cantat, dénonçant une "dictature de l'émotion". Tout en reconnaissant des actes de violences passés, il a noté que la qualification de l’empoisonnement était très sévère. Il a insisté sur le fait que la futilité de prouver une telle intention devra être examinée rigoureusement par les jurés. En s’appuyant sur des témoignages de la famille, il a suggéré que la dynamique familiale était loin d'être celle d'une victime opprimée.
La cour doit désormais délibérer, et le verdict est attendu dans l'après-midi. L’accusé risque une peine maximale, qui pourrait aller jusqu'à la réclusion criminelle à perpétuité.
Source : Radio France







