Carmen Enciso, une ex-boulangère de 61 ans, a été jugée coupable du meurtre de son compagnon François Vigouroux, dont le corps démembré a été découvert dans plusieurs sacs-poubelles près d'Ille-sur-Têt au printemps 2022. La décision a été rendue ce vendredi par la cour d’assises des Pyrénées-Orientales, où Enciso a été condamnée à 30 ans de réclusion criminelle, conformément à la peine requise par l'avocate générale.
Dès l'énoncé du verdict, Carmen Enciso est restée impassible, bien qu'un élan d'applaudissements ait résonné dans la salle, bénédiction rapidement calmée par la présidente de la cour.
Le procès, qui a duré trois jours, a été marqué par la personnalité troublante de l'accusée. Malgré des aveux partiels en phase d'instruction, elle a persisté à clamer son innocence durant les audiences, et a même accusé les parties civiles, notamment le fils de la victime, de son meurtre.
Les proches de François Vigouroux espéraient obtenir des réponses concrètes sur les circonstances de sa mort, mais plusieurs zones d'ombre demeurent. L'affaire a largement marqué l'opinion publique dans les Pyrénées-Orientales en raison de son caractère particulièrement macabre. Survenu le 1er juin 2022, le délit a révélé des parties découpées du corps humain dans des sacs à proximité d'une route menant aux célèbres Orgues d’Ille-sur-Têt.
Un mobile financier ?
Quelques jours avant sa disparition, Enciso avait déclaré que Vigouroux était parti faire du vélo, une version qui a rapidement été mise en doute par les enquêteurs. Les experts pensent que la mort a eu lieu plusieurs jours avant son signalement. Les aveux de l’accusée pendant la garde à vue, où elle décrit le découpage du corps, se sont également heurtés à sa stratégie de dénégation en cours de procès.
D'autres éléments troublants sont apparus, notamment la constatation d'une plaie pénétrante au thorax de la victime et une importante dose de Théralène, un sédatif puissant, dans son organisme. Des virements bancaires vers Enciso à partir du compte de Vigouroux ont également été évoqués, soulevant des questions sur un possible mobile financier.
Face aux jurés, Enciso a fermement nié toute responsabilité et a désigné des membres de la famille de la victime comme suspects, une stratégie vivement critiquée par les parties civiles.
Une défense qui conteste l’enquête
La procureure a en effet conclu son réquisitoire en affirmant que « l’implication de Carmen Enciso dans le décès ne fait aucun doute ». En référence aux apparences trompeuses, elle a averti nos jurés que « les pires criminels ont souvent des visages d’ange ». Pendant ce temps, les avocats de la défense ont plaidé pour un acquittement, dénonçant une enquête jugée bâclée et des aveux qui auraient été obtenus sous pression, laissant penser à une quête de justice mal menée. D’autres pistes n’auraient pas été suffisamment explorées, notamment l’idée d’une implication d’éventuels complices.
Ce verdict et cette affaire continuent d’attiser les discussions sur la justice en France, à la lumière des récents évènements criminels qui secouent le pays. Les témoignages des experts et les éléments de l'enquête continuent de faire débat au sein des médias et dans l'opinion publique.







