Alain Orsoni, figure emblématique du nationalisme insulaire et ancien président du club de football AC Ajaccio, a été abattu en pleine cérémonie funéraire de sa mère, suscitant une onde de choc sur l'île de Beauté. Ce crime s'inscrit dans un contexte de tensions entre différents clans criminels, et les enquêteurs mènent l'enquête pour cerner les véritables auteurs de cet acte odieux.
Les circonstances de l'assassinat restent préoccupantes. Un tireur embusqué a ouvert le feu à une distance de 107 mètres, en plein milieu d'une cérémonie réunissant une cinquantaine de proches. Orsoni, âgé de 71 ans, était revenu de Nicaragua où il avait fui les menaces de mort pesant sur lui. Selon des sources judiciaires, il ne semblait pas anticiper un tel danger.
Des ennemis multiples
Le long parcours d’Orsoni et les rivalités qu’il a cultivées au fil des décennies l'ont exposé à de nombreux ennemis. Sa vie est marquée par les violences des années 1990, une période tumultueuse pour le mouvement nationaliste qui l’a poussé à l’exil après l’assassinat de son frère, Guy Orsoni, en 1987. Son retour sur l’île en 2008 et sa présidence à l’AC Ajaccio n’ont fait qu’intensifier les tensions avec divers groupes criminels.
Concernant cette affaire, l'hypothèse la plus souvent citée réside dans une rivalité persistante avec le gang du Petit Bar, un groupe considéré comme l’une des organisations criminelles les plus influentes en Corse. Alain Orsoni avait exprimé ses dégoûts envers ce clan, et la guerre entre ces factions est bien documentée. Les tensions se sont exacerbées après l’assassinat de son ami Francis Castola, ce qui a fissuré davantage la relation entre le clan Orsoni et le gang du Petit Bar.
Un héritage violent
Les enquêteurs examinent également la situation de son fils, Guy Orsoni, un personnage coloré du banditisme corse qui a lui-même été la cible d'une tentative d'assassinat en 2018. Guy a depuis renforcé la rivalité avec le Petit Bar, entretenue par des actes violents. Selon un rapport du journal Le Parisien, les forces de l’ordre estiment que ce conflit pourrait être au cœur de l'assassinat de son père. La théorie suggère qu'éliminer Alain Orsoni pourrait être une manière d'atteindre son fils, actuellement incarcéré.
Une enquête sous haute surveillance
Les pistes sont multiples et les enjeux élevés. La brigade nationale de lutte contre la criminalité organisée en Corse (BNLCOC) a été mobilisée, ainsi qu'un magistrat du tout nouveau parquet national anticriminalité organisée (Pnaco). Cette mobilisation sur le dossier fait écho à la complexité de la situation, et aux ramifications de l’assassinat qui dépassent les simples rivalités entre clans.
Les enquêteurs devront décortiquer le réseau d’alliances et d’inimitiés tissées par Orsoni et son fils, et qui touchent des groupes rivaux au-delà des frontières de la Corse. Cette tragédie soulève la nécessité d'une réflexion profonde sur la violence organisée qui sévit encore sur l’île et dont la population demeure victime.







