Cécile Kohler et Jacques Paris, de retour en France ce mercredi 8 avril, représentent les derniers otages français retenus en Iran. Cependant, une fois la joie de retrouver leur pays et leur liberté passée, la question de la normalité de leur vie se pose.
D'autres ex-otages, comme Louis Arnaud, Fariba Adelkhah, et Benjamin Brière, ont narré les affres de leur captivité et les luttes qui se poursuivent après leur retour.
Prisonniers d'une politique dénommée par le quai d'Orsay "prise d'otages d'État", ces Français sont devenus des éléments d'échange dans une "diplomatie des otages".
Les réminiscences pénibles des geôles
Les tortures qu'ils ont subies se révèlent souvent plus psychologiques que physiques. Comme l’explique Bernard Phelan dans un entretien avec France3 Occitanie: "Ces otages sont considérés comme des marchandises de grande valeur." Les conditions de détention étaient inhumaines, et la lumière constante dans les cellules annihilait toute notion du temps. Ecrire ou lire y était également interdit.
"C'est de la torture psychologique, de la torture blanche", souligne-t-il.
Lorsque la libération survient, un sentiment de déchirement prend le pas. Comme le décrit Benjamin Brière, ayant passé plus de deux ans comme otage : "Être libéré, c'est aussi dur, c'est violent." Louis Arnaud, retenu pendant 623 jours, partage ce sentiment et affirme :
"J’ai vécu ma libération comme un déchirement. J’ai été arraché aux Iraniens, aux prisonniers politiques qui sont devenus ma famille."
Les anciens otages relèvent tous une constante : les souvenirs de leur détention continuent à les hanter. Des échos de leur captivité provocant des troubles de stress post-traumatique.
Pour surmonter ces traumatismes, Fariba Adelkhah, chercheuse en sciences sociales, a transformé son incarcération en un sujet d'étude, lui permettant ainsi de survivre malgré quatre longues années d'emprisonnement.
"C'est un terrain difficile, mais cela reste un terrain de travail," raconte-t-elle à TF1.
Elle a même écrit un livre sur son expérience : Prisonnière à Téhéran - Une ethnologue détenue dans les geôles iraniennes. Bernard Phelan évoque cette démarche, la considérant comme une forme de thérapie, une manière de ne pas garder tout ce poids en soi.
Entre réinsertion et accompagnement : un parcours semé d'embûches
Au-delà des traumatismes psychologiques, le retour à la réalité revêt des défis matériels, compliquant la réintégration des ex-otages. Benjamin Brière explique qu'il a rencontré de nombreuses difficultés, notamment pour rétablir des relations sociales et se réinsérer dans le monde du travail. Des histoires absurdes avec l'administration, comme celle de la radiation administrative ou de convocations pour des impôts non payés durant sa captivité, viennent alourdir le tableau.
Pour Benjamin, c’est flagrant, l'### État est défaillant dans son soutien post-liberation. Il milite ainsi avec l'association SOS Otages pour la création d'un statut juridique et d'une allocation dédiée aux anciens otages.







