Draguignan (AFP) – Après avoir été relaxé dans une affaire de "prise illégale d'intérêts", David Rachline, maire Rassemblement National (RN) de Fréjus, a annoncé officiellement sa candidature pour les municipales mardi, et ce, depuis le tribunal.
« Je me bats depuis des mois pour prouver mon honnêteté et ma probité. Aujourd'hui, cela est clair, et j'en suis ravi. C'est dans ce cadre que je me lance dans cette campagne électorale, avec la plus grande sérénité », a-t-il déclaré en sortant de l'audience.
Agé de 38 ans, il vise un troisième mandat. Il avait été jugé en septembre concernant sa nomination à la direction de deux sociétés d'économie mixte, Fréjus Aménagement et Gestion du port, lui rapportant environ 1.000 euros supplémentaires par mois.
Un nouveau procès l'attend en septembre prochain, cette fois-ci pour favoritisme.
« Il était important que nous démontrions la vérité, loin du bruit médiatique parisien qui ignore souvent nos réalités locales », a-t-il ajouté, précisant qu’il se présentait, comme en 2020, sans l'étiquette RN.
Rachline dévoilera les grandes lignes de son programme lors d'une réunion publique ce samedi.
Le choix de se présenter au tribunal pour son annonce est pour le moins audacieux. Cela intervient alors que d'autres figures du RN, comme Marine Le Pen et Louis Aliot, se battent également pour leur avenir politique dans un contexte judiciaire incertain.
En décembre, Rachline avait décidé de renoncer à la vice-présidence du RN, craignant que les accusations portées contre lui n'entravent la dynamique du parti d'extrême droite.
La polémique des marchés publics
Conseiller municipal à 20 ans, maire et sénateur à 26, Rachline a vu sa réputation entachée par des accusations dans le livre "Les Rapaces" de Camille Vigogne Le Coat, qui critique son action et évoque des liens privilégiés avec un entrepreneur local dans le secteur du BTP.
Il et plusieurs collaborateurs sont accusés d'avoir favorisé la société de sécurité d'un proche dans l'attribution de contrats publics d’un montant total de 263.000 euros. Cette enquête menée par le Parquet national financier (PNF) sur des soupçons de corruption a conduit à sa garde à vue fin novembre dernier.
« Ce sont de pures inventions », a-t-il répété, intentant même une action en justice contre la journaliste qui l'a critiqué. Le parquet a proposé une amende de 30.000 euros, dont 20.000 avec sursis, tout en suggérant une inéligibilité limitée à un an. Le procureur n'a pas encore décidé d'un éventuel appel.
Concernant la prise illégale d'intérêts, Rachline a rejeté les accusations affirmant qu'il n'a jamais voulu faire pression sur quiconque lors des délibérations du conseil municipal. « Mon directeur des services était chargé de m’indiquer quand je devais quitter la salle lors des votes », a-t-il déclaré en audience.
À un moment charnière pour sa carrière politique, Rachline avance avec détermination malgré les turbulences. Les mois à venir pourraient déterminer non seulement son avenir, mais également l'orientation politique de Fréjus.
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