Paris (France) - La Bourse de Paris a clôturé en légère baisse ce jeudi, réagissant avec prudence à la décision de la Banque centrale européenne (BCE) de maintenir ses taux d'intérêt, dans un climat d'inquiétude croissant concernant le secteur technologique.
Le CAC 40 a enregistré une baisse de 0,29 % à 8.238,17 points, traduisant un recul de 23,99 points. La veille, l'indice phare de la bourse avait déjà cédé 1,01 %, s'établissant à 8.262,16 points.
La BCE a, pour la cinquième fois consécutive, laissé ses taux directeurs à 2,00 %, jugeant que la force actuelle de l'euro et le ralentissement de l'inflation n'imposent pas de changements immédiats. Selon la BCE, "l'inflation devrait se stabiliser autour de l'objectif de 2 % à moyen terme", malgré un "environnement mondial incertain".
Cyrille Collet, directeur de la gestion quantitative actions de CPRAM, a commenté : "Avec un statu quo des banques centrales, nous entrons dans une période où les conditions monétaires se resserrent". Cette observation émerge alors que les investisseurs s'interrogent sur la rentabilité des investissements massifs dans l'intelligence artificielle (IA) des géants technologiques.
Le lancement par la start-up Anthropic d'un nouvel outil d'IA pour les tâches juridiques a suscité des inquiétudes sur la viabilité économique du secteur des logiciels. Cela soulève également des questions sur l'impact social du développement de l'IA, entraînant potentiellement des destructions d'emplois et des conséquences macroéconomiques.
Christine Romar de CMC Markets souligne que "les marchés affichent une aversion aux actifs risqués", ce qui pèse sur les indices boursiers.
Du côté des obligations, le taux français à dix ans est légèrement passé de 3,45 % à 3,44 %.
Malgré ce climat incertain, certaines actions se démarquent. BNP Paribas a progressé de 1,15 % à 91,98 euros, ayant annoncé des prévisions optimistes avec un bénéfice net record prévu pour 2025, dépassant les 12 milliards d'euros.
De son côté, ArcelorMittal a gagné 3,08 % pour atteindre 49,01 euros, se réjouissant d'un bénéfice net de 3,15 milliards de dollars pour 2025, bien au-dessus des 1,34 milliard de l'année précédente. Le groupe a également mentionné que ses résultats bénéficieraient de mesures protectionnistes de l'Union européenne.
À l’inverse, Stellantis a plongé de 5,69 % pour atteindre 8,17 euros, à l'image d'un secteur automobile européen touché par de mauvais résultats, comme ceux de Volvo Cars, qui ont chuté de 22,53 % après avoir annoncé un bénéfice d'exploitation en forte baisse.
Les tensions sur les marchés boursiers et les nouvelles incertitudes autour de la technologie continueront sans doute d'influencer les décisions des investisseurs dans les jours à venir.







