Donald Trump a exprimé, jeudi dernier, son souhait de mettre en place un "nouveau traité amélioré et modernisé" avec la Russie, suite à l'expiration du traité bilatéral New Start, qui régissait les armements nucléaires entre les deux nations. Ce dernier est désormais caduc, ravivant les craintes de prolifération.
Sur sa plateforme Truth Social, Trump a déclaré : "Au lieu de prolonger le traité +NEW START+, nous devrions demander à nos experts de concevoir un nouvel accord qui puisse perdurer dans le futur." Il n’a pas manqué de critiquer les négociations passées, les qualifiant de "mal engagées sous Obama", et d’affirmer que la Russie a "grossièrement violé" les termes de l'accord.
Alors que le président américain a souvent plaidé en faveur du contrôle des armements, il n’avait jusqu’à présent pas abordé directement l’expiration de ce traité. Dans un cadre plus large, les États-Unis souhaitent également impliquer la Chine dans de futures discussions, bien que cette dernière ait mis un terme à de telles discussions.
Lin Jian, porte-parole des Affaires étrangères chinois, a récemment déclaré que la Chine estime que ses capacités nucléaires sont à une échelle incomparable avec celles des États-Unis et de la Russie, rendant toute participation actuelle impossible. Toutefois, il a souligné que le traité est vital pour la stabilité stratégique mondiale.
Un responsable de l'Otan, sous couvert d'anonymat, a appelé à une "retenue et responsabilité" dans le cadre de la rhétorique nucléaire croissante de la Russie, qualifiant cette posture de stratégie d'intimidation. Il a également fait état de la volonté croissante de la Chine d'élargir son arsenal nucléaire.
En septembre 2025, le président russe, Vladimir Poutine, avait déjà proposé un prolongement d'un an du traité, proposition que Trump avait jugée "positive", sans pour autant donner suite.
- Inconnue stratégique -
La fin de New Start entraîne une incertitude stratégique, provoquant des inquiétudes chez ceux qui ont vécu la tragédie nucléaire, tels que les survivants japonais des bombardements de 1945. Terumi Tanaka, co-président de l'organisation Nihon Hidankyo, exprime sa crainte qu'une guerre nucléaire ne devienne inévitable sans une prise de conscience collective. "Je crains que dans un avenir proche, nous nous dirigions vers la destruction," affirme-t-il.
Cette expiration monumentale ne pourrait pas survenir à un moment plus critique, selon le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, qui exhorte les États-Unis et la Russie à travailler ensemble sur un nouvel accord. Il décrit cette dissolution comme étant particulièrement alarmante dans un contexte où le risque d'utilisation d'armes nucléaires est particulièrement élevé.
New Start, signé en 2010, était le dernier traité en vigueur entre Washington et Moscou, limitant chacune des parties à 800 systèmes de lancement et 1 550 ogives nucléaires stratégiques. Avec l'expiration de cet accord, les inspections ont également été suspendues depuis 2023, à la suite des hostilités en Ukraine.
- "Manière responsable" -
Mercredi, la Russie a officiellement déclaré qu'elle n'était plus contrainte par ce traité. Lors d'une récente recherche de dialogue, Poutine a promis d'agir "de manière réfléchie et responsable". Cependant, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a insisté sur le fait que cette situation devait être considérée comme un revers.
Le pape Léon XIV, pour sa part, a récemment exprimé son inquiétude sur la question des armements nucléaires, appelant à "prévenir une nouvelle course aux armements".
Les capitales européennes ont réagi, plaçant la responsabilité de cet échec sur les épaules de Moscou. La France, en tant que seule puissance nucléaire de l'UE, a exhorté à un nouveau cadre international pour la maîtrise des armements. De même, l’ICAN (Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires) a pressé les deux superpuissances de respecter les accords existants durant les négociations pour un nouvel arrangement alliant la sécurité internationale et la paix.







