Libéré en novembre, Camilo Castro, un enseignant de yoga de 41 ans, passé cinq mois en détention dans les prisons vénézuéliennes, décrit son calvaire en tant que prisonnier politique, confronté à des tortures et des humiliations qu'il qualifie de "traitements de vampires". Dans un entretien émouvant, il partage les sentiments de "dégoût, de haine et de rancœur" mais aussi d'amour et d'espérance pour le peuple vénézuélien.
Dans un état délicat, il déclare : "Aujourd'hui, ça va, mais demain, ça ne va pas. Peut-être que dans 30 secondes, je suis en train de pleurer. Je tiens grâce à la méditation, à l’amour de mes amis et de ma famille." Il a décidé de témoigner afin d'aider les "centaines de Vénézuéliens qui sont encore enfermés”, faisant écho à des enquêtes menées par la Cour pénale internationale sur des crimes contre l’humanité au Venezuela, des accusations démenties par Caracas.
Piégé à la frontière
L'année dernière, alors qu'il espérait renouveler son visa colombien, Camilo Castro est arrêté à la frontière vénézuélienne. Transféré à Maracaibo, il décrit un environnement sordide : "J'ai été enfermé dans un sous-sol avec des murs humides, des toilettes dans un état déplorable". Après avoir détecté des vignobles de sang, il fut interrogé par des agents de la DGCIM, convaincus qu'il était un espion.
L’enfer des interrogatoires
Les conditions de détention sont inhumaines. Les détenus partagent des maladies récurrentes, et la nourriture se fait rare. Les tortures psychologiques sont fréquentes, avec du folklore vénézuélien diffusé à volume élevé pour maintenir un climat de terreur. Les interrogatoires sont menés dans la nuit, laissant encore plus peu de place à l'espoir.
La menace constante de la punition
Camilo raconte les "cellules de punition", où les détenus subissent des traitements inhumains. Les agents pénitentiaires prennent plaisir à faire souffrir les prisonniers, rendant son récit d'une extrême gravité. Libéré, il aspire à la reconnaissance de son statut de victime, craignant néanmoins de retourner au Venezuela, où il entretient un lien indélébile malgré de très mauvais souvenirs.







