L'Arménie, souvent citée comme un modèle de résilience, est aujourd'hui à un tournant critique de son histoire. Les récents événements soulèvent des inquiétudes majeures quant à l'intégrité de sa démocratie, une problématique qui rejoint la diaspora arménienne en France. Leur indignation ne trouve pas sa source dans un biais idéologique, mais dans une défense farouche de l'identité nationale et des valeurs démocratiques.
En tant que premier royaume chrétien du monde, l'Arménie a traversé les siècles en préservant sa culture et sa fierté. Selon Le Monde, le pays, fort d'une histoire marquée par des luttes contre la domination, s'était engagé sur un chemin vers une véritable démocratie, inclusive et respectueuse des droits de l'homme.
La démocratie en péril
À l'approche des élections législatives, les signaux d'alarme se multiplient : la répression de l'opposition, l'utilisation de la justice comme outil de contrôle et l'arrestation d'opposants politiques, tels sont les signes d'une dérive inquiétante. Montesquieu avait déjà souligné que « tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ». Ce constat résonne particulièrement aujourd'hui en Arménie, où les institutions censées garantir l'équilibre des pouvoirs voient leur indépendance minée.
La récente attaque contre l'Église apostolique arménienne, loin d'être un acte isolé, témoigne d'une volonté de répression systématique. Cette église, qui a joué un rôle crucial dans la préservation de l'identité arménienne à travers les âges, se voit désormais synonyme d'opposition. Cette situation a conduit des chercheurs en politique à conclure que « les démocraties ne succombent pas toujours à des coups d'État violents ; elles s'éteignent lentement par l'étouffement de leurs éléments fondamentaux ».
Une démocratie sans presse libre n’est pas une démocratie imparfaite : c’est une démocratie en sursis.
Les pressions exercées sur les médias indépendants amplifient encore cette crise. Des attaques judiciaires et des intimidations sont désormais monnaie courante, autant de tactiques destinées à réduire au silence toute dissidence. Comme l'affirme HuffPost, les autorités préfèrent épuiser leurs adversaires plutôt que de les affronter ouvertement.
Réactions de la diaspora arménienne
Face à cette situation, la communauté arménienne de France exprime une colère légitime. Cette colère, loin de n'être qu'une réaction émotionnelle, traduit une profonde préoccupation pour l'avenir de leur nation. Leurs attentes ne sont pas irréalistes ; elles souhaitent que l'Arménie reste fidèle à son engagement démocratique, particulièrement dans un contexte déjà fragile face aux pressions extérieures.
Il ne s'agit pas simplement de revendiquer la sécurité face aux menaces de l'Azerbaïdjan, mais bien de défendre un modèle démocratique qui valorise la diversité d'opinion et respecte les droits fondamentaux. La liberté, pour un peuple qui a connu tant d'épreuves, est un principe incontournable.
En somme, l'Arménie doit se rappeler que la liberté n'est pas un privilège, mais un droit inaliénable. Les récents développements soulignent l'urgence d'un retour à des valeurs démocratiques fondamentales, à savoir le respect des institutions, la liberté d'expression et la préservation des traditions. La solidarité avec l'Arménie aujourd'hui doit se traduire par un soutien indéfectible en faveur de ces principes intangibles.







