Une juge fédérale a statué le 16 février 2026, imposant à l'administration Trump de restaurer une exposition consacrée à l'histoire de l'esclavage, démontée fin janvier dernier à Philadelphie. Ce jugement met en exergue un débat sur la préservation de la mémoire historique, alors que la juge cite George Orwell dans son argumentation.
Cynthia Rufe a été appelée à « déterminer si le gouvernement fédéral détient le pouvoir qu’il prétend pour déformer des vérités historiques », soulignant les dangers d'une manipulation de l'histoire. Elle fait référence à la dystopie du roman 1984 d'Orwell, où la réalité est altérée par un "ministère de la Vérité".
Dans son injonction préliminaire, elle affirme « Il ne l’a pas », signifiant que le gouvernement ne peut pas modifier l'histoire de cette manière.
Ainsi, la juge a ordonné au National Park Service, responsable du démantèlement, de « réinstaller tous les panneaux, affichages et vidéos précédemment affichés ». En complément, elle interdit toute autre « addition, suppression, destruction ou modification » sans l’accord de la municipalité de Philadelphie, à l'initiative de ce recours judiciaire.
Hommage aux esclaves de George Washington
Cette exposition était visible depuis 2010 à la "President’s House" de Philadelphie, première résidence officielle de George Washington, lorsque la capitale des États-Unis se trouvait dans cette ville. Intitulée « Liberté et esclavage dans la construction d’une nouvelle nation », elle rendait hommage aux neuf esclaves du premier président américain, dont l'anniversaire est célébré ce lundi.
Le démantèlement de cette exposition faisait suite à un décret signé par Donald Trump en mars, visant à « rétablir la vérité dans l’histoire américaine » et à éliminer les « récits conflictuels ». Ce décret mettait en cause cette exposition comme un exemple à éviter.
Brendan Boyle, représentant démocrate de Pennsylvanie, s’est exprimé après le jugement, affirmant que « la préservation des idéaux de notre nation passe par la vérité totale sur notre histoire, avec ses bons et ses mauvais côtés ». Il a recueilli des voix favorables à son initiative, appelant à un retour à l’exactitude historique et à la mise en lumière des personnages souvent oubliés de l'histoire américaine.







