Paris (France) – La succession de Jack Lang à la présidence de l'Institut du monde arabe (IMA) prend une nouvelle tournure mardi, alors qu'un conseil d'administration se réunit pour officialiser sa démission et nommer un nouveau dirigeant. Lang, ministre ex-parti socialiste, a quitté ses fonctions il y a quelques mois après avoir été mis en lumière pour ses connexions avec Jeffrey Epstein, le financier américain décédé en prison en 2019, qui a été impliqué dans des scandales de financement et d'abus sexuels.
Après avoir dirigé l'IMA pendant 13 ans, Lang, qui a maintenant 86 ans, a été contraint de se retirer le 7 février. Son départ fait suite à une série d'accusations liées à des affaires d'« argent sale » et d'enquêtes sur du blanchiment d'argent potentiel associées à lui et à sa fille, Caroline, qui ont tous deux été liés à la création d'une société offshore.
Au moment où il faisait ses adieux, la brigade financière a perquisitionné l'IMA, cherchant des preuves corroborant des allégations de fraude fiscale. Dans un discours émouvant devant ses collaborateurs, Lang a dénoncé ces accusations comme une "campagne de calomnie", affirmant qu'elles sont infondées et que sa décision de démissionner visait à préserver l'intégrité de l'institut.
Convoitises autour du poste
Depuis l'annonce de sa démission, la spéculation autour de son successeur a été alimentée par de nombreux candidats potentiels. Le conseil d'administration, composé de 14 membres, dont plusieurs ambassadeurs arabes et des personnalités influentes telles que le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, se réunira pour discuter des options disponibles. Les ambassadeurs d’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Palestine sont des figures clés de cette Assemblée, où Lang prononcera un ultime discours pour faire le bilan de ses années à la tête de l'IMA.
Trois principaux candidats ont émergé : Karim Amellal, ancien délégué interministériel à la Méditerranée ; Olivier Poivre d'Arvor, ambassadeur aux affaires maritimes ; et Anne-Claire Legendre, souvent considérée comme la favorite, qui a récemment été conseillère au Quai d'Orsay. Ces candidats ont été auditionnés par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, ce qui souligne l'importance de cette décision pour les relations arabes et françaises.
Des sources internes laissent entendre que le conseil pourrait repousser sa décision finale pour prendre le temps d'examiner soigneusement chaque candidature. En effet, l'IMA a joué un rôle crucial dans le renforcement des liens culturels entre la France et le monde arabe, attirant près de 750 000 visiteurs en 2023. Si la direction choisie par les autorités françaises s'avère judicieuse, elle pourrait assurer la pérennité de cette institution emblématique, inaugurée par François Mitterrand en 1987.
Les enjeux de cette transition sont considérables à l’heure où l'IMA aspire à jouer un rôle encore plus important dans le panorama culturel et diplomatique international.
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