Les discussions entre l'Ukraine et la Russie à Genève n'ont pas permis de convergence sur les questions clés, a révélé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dans une déclaration faite mercredi après deux jours de pourparlers jugés "difficiles". Les échanges visaient à mettre fin à un conflit qui dure depuis quatre ans.
La rencontre incluait également des représentants américains, mais les positions des deux camps restent profondément ancrées, notamment sur des enjeux sensibles tels que la question des territoires occupés et celle de la centrale nucléaire de Zaporijjia, occupée par les forces russes.
« Bien que certains travaux préliminaires aient été réalisés, nous constatons des différences considérables sur plusieurs points », a déclaré Zelensky après avoir pris connaissance des discussions menées par la délégation ukrainienne. Les négociations étaient structurées autour de deux groupes de travail : l'un axé sur les aspects politiques du règlement du conflit et l'autre sur les questions militaires.
D'un point de vue militaire, le président ukrainien a noté que des avancées avaient été réalisées concernant la surveillance d'un éventuel cessez-le-feu, avec l'implication des États-Unis, ce qu'il a interprété comme un signe positif. Néanmoins, il a insisté sur la nécessité d'une volonté politique partagée, qui semble pour le moment éloignée.
Les commentaires de Vladimir Medinski, chef de la délégation russe, reflètent également la complexité des échanges : il a qualifié les négociations de "difficiles mais professionnelles", précisant qu'elles ont duré plusieurs heures au cours des deux jours. Le négociateur en chef ukrainien, Roustem Oumerov, a lui aussi mentionné des progrès, tout en gardant une réserve sur les détails.
Les discussions se sont basées sur un plan américain publié précédemment, incluant des concessions territoriales par l'Ukraine en échange de garanties de sécurité de la part des pays occidentaux. Cependant, elles s'enlisent notamment sur le sort du Donbass ; Moscou exige le retrait des forces ukrainiennes de certaines zones de Donetsk, une condition que Kiev refuse catégoriquement.
Zelensky a exprimé des réserves quant à la volonté du Kremlin de parvenir à un cessez-le-feu, réaffirmant son refus de céder des territoires alors que 19,5% de l'Ukraine sont occupés par la Russie depuis février dernier. Il a également accusé Moscou de vouloir prolonger les négociations sans offrir de solutions concrètes.
Cette réunion à Genève a eu lieu dans un contexte de tensions accrues, la Russie ayant récemment lancé des missiles et des drones sur le territoire ukrainien, dont une majorité a été interceptée par les forces aériennes ukrainiennes.
Au cœur de ces négociations, la participation des pays européens, notamment l'Allemagne, la France, le Royaume-Uni et l'Italie, a été jugée "indispensable" par Zelensky pour parvenir à des accords viables, tandis que Moscou les considère comme des obstacles majeurs à la recherche d'un "accord raisonnable" avec l'Ukraine.
Cette rencontre fait suite à d'autres tentatives de dialogue à Abou Dhabi, qui n'avaient pas abouti à des avancées significatives. Malgré tout, Steve Witkoff, émissaire de la Maison Blanche, a salué la poursuite des pourparlers comme une avancée importante, mettant en avant les efforts déployés par l'administration américaine pour rassembler les deux parties.
Donald Trump, qui a récemment exprimé sa frustration envers les deux camps, a exhorté l'Ukraine à revenir à la table des négociations rapidement, soulignant l'importance d'une résolution diplomatique à ce conflit de longue date.







