Zurich (AFP) – Glencore demeure attentif à la possibilité d'un rapprochement avec un autre groupe, suite à l'échec de ses négociations avec Rio Tinto. Lors de la présentation de ses résultats annuels, la société a réaffirmé sa vision optimiste en tant qu'entité indépendante.
"Si une occasion se présente pour constituer un grand méga-groupe minier, aux conditions favorables pour nos actionnaires, nous l'examinerons", a déclaré Gary Nagle, directeur général de Glencore, lors d'une conférence. L'entreprise a ainsi annoncé un retour aux bénéfices en 2025.
En janvier, Glencore avait révélé être engagé dans des discussions avec le groupe anglo-australien Rio Tinto pour une fusion, visant à former un géant évalué à 260 milliards de dollars. Toutefois, ces pourparlers ont été interrompus début février. Nagle a ajouté : "Ce n'était pas une transaction que nous devions réaliser, mais que nous aurions aimé voir aboutir", insufflant un sentiment d'opportunité perdue.
Sans cette fusion, il a assuré que Glencore reste une entreprise robuste, avec de solides perspectives, notamment grâce à ses projets dans le secteur du cuivre. Au mois de décembre, la société avait annoncé son intention de doubler sa production de cuivre d'ici 2035, atteignant 1,6 million de tonnes par an pour répondre à la demande croissante liée à la transition énergétique, ainsi qu'à l'essor des technologies basées sur l'intelligence artificielle.
Baisse du charbon affecte les résultats
Pour l'année 2025, Glencore a affiché un bénéfice net de 363 millions de dollars, contrastant avec une perte de 1,6 milliard de dollars en 2024. Malgré des dépréciations sur des actifs liés à sa mine de charbon de Cerrejón en Colombie, le groupe a bénéficié d'une hausse des prix de l'or, de l'argent et du cuivre, qui a grimpé de 41,7% avant d'atteindre un sommet historique fin janvier 2026, à 14.527,50 dollars la tonne.
Cependant, les prix du pétrole et du charbon ont chuté, impactant le résultat brut d'exploitation des activités minières, qui a reculé de 6% sur un an à 9,9 milliards de dollars. Pour compenser cette tendance, Glencore prévoit plus de 23 milliards de dollars d'investissements.
Deux jours avant l’échec de l’accord avec Rio Tinto, Glencore avait également annoncé des pourparlers avec Orion CMC, un consortium soutenu par le gouvernement américain, visant à sécuriser l'approvisionnement en matériaux critiques pour les États-Unis.
Derren Nathan, analyste chez Hargreaves Lansdown, remarque que la capacité de Glencore à croître de manière autonome ne fait pas de doute, bien que les mouvements de consolidation dans le secteur minier ne cessent d’évoluer. Il a souligné que : "Reste à savoir si quelqu'un aura la puissance nécessaire pour mener une opération d'une telle envergure." En parallèle, BHP a renoncé à acheter Anglo American, tandis que ce dernier se rapproche d'une fusion avec Teck Resources.
Il est à noter que le charbon, pourtant un élément central de l'activité de Glencore, pourrait freiner d'éventuels rapprochements, de nombreux investisseurs souhaitant se distancier de cette ressource controversée.
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