Leïla Shahid, ancienne représentante de la Palestine en France et auprès de l'Union européenne, est décédée à l'âge de 76 ans, sa sœur ayant confirmé la nouvelle à l'AFP. Son décès, survenu à Lussan, dans le sud de la France, pourrait être lié à un suicide, selon les éléments préliminaires d'une enquête en cours.
Engagée dans la vie politique dès son adolescence, Shahid, qui avait une profonde connexion avec Yasser Arafat, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, commençant son parcours en Irlande avant de poursuivre aux Pays-Bas et au Danemark. Elle a été déléguée générale de l'Autorité palestinienne en France de 1994 à 2005, puis à Bruxelles durant la décennie qui a suivi.
Le président palestinien Mahmoud Abbas a fait l'éloge de Leïla Shahid, la qualifiant de "modèle d'une diplomatie engagée pour la liberté, la justice et la paix". Majed Bamya, représentant adjoint de la Palestine à l'ONU, a souligné son impact, la décrivant comme "la Palestine incarnée dans le monde francophone".
Une militante inégalée
Dominique de Villepin, ancien Premier ministre français, a salué sa passion pour la culture et son engagement pour une paix juste au Proche-Orient. Martine Aubry, ancienne ministre socialiste, a également salué son dévouement pour la reconnaissance de l'État palestinien et la paix avec Israël.
L'Institut du Monde Arabe (IMA) a décrit Leïla comme "une combattante infatigable", évoquant les souffrances du peuple palestinien qui l'ont hantée jusqu'à son dernier souffle. Elle avait récemment appelé la communauté internationale à agir dans le contexte des violences à Gaza, exacerbées par l'attaque du Hamas en octobre 2023.
Deux jours après le début des hostilités, elle s'était montrée pessimiste quant à l'avenir de la Palestine, prévenant d'une possible annexion israélienne des territoires restants.
Un souvenir d'espoir
Karim Amellal, ancien délégué interministériel à la Méditerranée, s'est remémoré des temps d'espoir, grâce à Shahid, qui lui avait permis de rencontrer Arafat. Elle est née en 1949 à Beyrouth, dans une famille de notables de Jérusalem, peu après la Nakba. Mariée à l'écrivain marocain Mohamed Berrada, elle n’a pas eu d’enfants mais a laissé un héritage indélébile dans la diplomatie palestinienne.
Elle avait également collaboré avec des intellectuels palestiniens, partageant ses réflexions dans la "Revue d'études palestiniennes" et nouant des relations avec des pacifistes israéliens. Dans une interview en 1993, elle exprimait son déchirement face à la lutte pour ses compatriotes tout en désirant une vie paisible.
Des sources, dont Le Monde, rapportent qu'elle souffrait d'une grave maladie depuis plusieurs années.
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