Los Angeles (États-Unis) – Mark Zuckerberg a exprimé des regrets mercredi concernant les délais d’Instagram pour restreindre les comptes des utilisateurs de moins de 13 ans, lors de son témoignage dans un procès qui implique également Google. Le PDG de Meta (Facebook, Instagram, WhatsApp) a tenté de persuader le jury que l’entreprise ne cherchait plus à maximiser le temps passé sur ses plateformes.
Durant cette audience de six heures, il a défendu ardemment la stratégie de son groupe tout en manifestant parfois son exaspération. Pour la première fois devant un jury, Zuckerberg a souligné que les géants de la technologie sont pointés du doigt par des milliers de familles américaines pour avoir sciemment conçu leurs plateformes afin de rendre les jeunes utilisateurs dépendants.
Instagram a mis jusqu’en 2019 avant de demander aux utilisateurs de fournir leur date de naissance lors de l'inscription, une obligation mise à jour ensuite pour les comptes déjà existants. En réponse à cette couverture médiatique, Zuckerberg a admis que des outils de détection auraient pu être mis en place plus tôt.
Objectif de temps d'écran
Lors du procès, l’avocat de la plaignante a présenté un document interne de 2018 montrant que quatre millions de comptes Instagram appartenaient à des enfants de moins de 13 ans. L'entreprise estimait alors que 30% des 10 à 12 ans pouvaient accéder au réseau social aux États-Unis.
Ce cas, ainsi que deux autres similaires, vise à établir la responsabilité d’Instagram et de YouTube quant à la détérioration de la santé mentale d’utilisateurs jeunes comme Kaley G.M., une Californienne de 20 ans qui a été exposée aux réseaux sociaux dès son enfance.
Zuckerberg a initialement fixé un objectif d'augmentation de 12% du temps passé sur Instagram, mais a immédiatement avoué que par la suite, il a décidé d’abandonner cette approche au profit d’un focus sur la valeur et l’utilité pour l’utilisateur.
Interrogé durant son témoignage, Zuckerberg a soutenu que si les gens restent sur une application, c’est surtout pour une expérience qui répond à leur satisfaction, et non pour passer un temps excessif.
Réponses sur les « effets secondaires »
Un document interne de 2022 indiquant des objectifs de temps d'écran a été brandi par les avocats de la plaignante. Néanmoins, Zuckerberg a conteste ces informations, les qualifiant d'indicateurs de satisfaction bien plus que de véritables objectifs.
Pendant l’audience, il a également fait valoir l’efficacité des outils de régulation pour les jeunes, même si une étude de Meta a révélé que 1,1% des adolescents utilisent la fonction de limitation de temps.
Enfin, il a exprimé sa conviction que les entreprises comme Apple et Google devraient mieux gérer la vérification d'âge afin de protéger les utilisateurs. Ce procès se concentre uniquement sur la conception des applications, car la législation américaine exonère en grande partie ces plateformes de la responsabilité des contenus publiés. Tandis que TikTok et Snapchat ont réglé leurs différends en secret avec Kaley G.M., d'autres plaintes demeurent en cours.
Ce procès soulève des questions cruciales sur la protection des jeunes utilisateurs et l'éthique des pratiques des réseaux sociaux dans un contexte où leur influence s'accroît chaque jour.







