La mise en menace des frappes américaines "limitées" contre l'Iran provoque un regain de tensions au Moyen-Orient. Si Donald Trump semble jouer la carte de la force militaire, cherche-t-il vraiment l'affrontement ou tente-t-il plutôt de négocier sous pression ? Cette question appelle à plusieurs scénarios potentiels, qui pourraient avoir des répercussions lourdes.
Guillaume Ancel, ancien officier et expert en conflits : Selon lui, Trump aspire surtout à un accord avec Téhéran, notamment parce qu'il considère la guerre comme un "mauvais business". En parallèle, la population iranienne, traumatisée par les événements tragiques de janvier, semble peu encline à renverser le pouvoir en place. Ce contexte nuance les menaces américaines.
Pour Ancel, si bombardement il devait y avoir, il aurait dû déjà avoir lieu. Trump a les moyens d'assaillir l'Iran, notamment en raison de ses systèmes de défense anti-aérienne obsolètes, partiellement détruits lors des frappes israélo-américaines. "Les Iraniens sont en position de faiblesse", précise-t-il.
Les répercussions d'une action militaire de Washington ? Loin de créer une dynamique d'émancipation pour les Iraniens, une attaque américaine pourrait, paradoxalement, renforcer les Mollahs. "Un accord entre Trump et Téhéran pourrait établir une légitimité supplémentaire pour le régime en place", met en garde Ancel.
L'interrogation demeure : quelle forme prendrait une éventuelle attaque ? Des frappes aériennes ciblant des instances dirigeantes, notamment les Gardiens de la Révolution, seraient privilégiées. Ces cibles, selon Ancel, représentent les véritables décisions du pays et leur affaiblissement pourrait faciliter une réorganisation par l'armée iranienne.
Dans ce contexte, l'Iran a peu d'alternatives viables pour répondre à de telles frappes en dehors du blocage du détroit d'Ormuz, une manœuvre risquée en raison de leur dépendance aux exportations pétrolières. Le jeu international est complexe, et les actions, bien que limitées, pourraient créer des tensions majeures.
Qui pourraient être les alliés de l'Iran en cas d'attaque ? Ancel conclut qu'aucun soutien significatif ne vient à la rescousse de Téhéran. "La Russie aurait déjà manifesté son soutien si tel était le cas", souligne-t-il, remettant en question l'absence de réaction de Poutine.
En définitive, la dynamique interne et externe de l'Iran pourrait influer fortement sur les choix de Trump. Les cheminements de ce dernier mettent en lumière une complexité trouble où l'affrontement et la diplomatie se mêlent.







