Paris (France) – Lors d'une déclaration à l'Assemblée nationale, le ministre de la Transition énergétique, Sébastien Lecornu, a qualifié les motions de censure déposées par le Rassemblement national (RN) et La France insoumise (LFI) sur la stratégie énergétique du gouvernement de "désordre politique inutile".
Il a critiqué les deux partis pour ce qu'il appelle "une suite d'improvisations", mentionnant des "chiffres inventés" par le RN et accusant LFI de favoriser l'importation de gaz russe plutôt que de promouvoir l'énergie nucléaire décarbonée française. Cette position intermédiaire soulève des inquiétudes sur la sécurité énergétique de la France, notamment dans un contexte de crise énergétique mondiale.
Jean-Philippe Tanguy, député du RN, a réagi en qualifiant le comportement de LFI d'"indécent", en référence à leur soutien présumé à des groupes violents, suite à la mort tragique du militant Quentin Deranque à Lyon. Cette tension entre les partis souligne la polarisation croissante de la politique française autour des débats énergétiques.
Maxime Laisney, député insoumis, a dénoncé l'absence de vote parlementaire pour la publication de la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), qu'il a comparée à un "nouveau 49.3", insinuant une érosion des procédures démocratiques. La PPE3, qui a pour but de relancer l'utilisation d'électricité décarbonée, a mis l'accent sur la nécessité de réduire la dépendance aux énergies fossiles.
Sébastien Lecornu a affirmé que "la France mérite une politique énergétique sérieuse" et a souligné que renverser le gouvernement ne résoudra pas les problèmes d'approvisionnement énergétique ni ne créera de nouveaux moyens de production. "Cela ne produira pas un mégawattheure supplémentaire et n'allégera pas notre facture d'importation", a-t-il déclaré, insistant sur la responsabilité des partis à construire une vision cohérente pour l'avenir énergétique du pays.
Lors de cette discussion animée, Lecornu a également rappelé à LFI la nécessité de clarifier sa position face aux violences associées à son mouvement, en direction de Mathilde Panot, la présidente du groupe insoumis. Il a conseillé que la priorité soit de clarifier les positions internes plutôt que de chercher à déstabiliser le gouvernement. De son côté, le RN a surpris en choisissant de ne pas soutenir la motion de LFI, s'acquittant de son "réveil trop tardif" face à cette situation, selon Lecornu.
Alors que le débat sur l'énergie est central dans la politique française, des experts s'interrogent sur la capacité du pays à s'engager vers une transition énergétique effective et durable dans un climat politique aussi fragmenté. La situation actuelle pourrait affecter les décisions politiques futures en matière d'énergie.







