Ce mercredi 18 mars, Gérald Darmanin présente en Conseil des ministres un projet de loi essentiel sur la comparaison des fichiers ADN français avec des bases étrangères. Quel est l'objectif de cette initiative ? Éclaircissements.
Un nouvel espoir pour les affaires non élucidées. La généalogie génétique, technique révolutionnaire d'origine américaine, a permis au FBI d'éclaircir plus de 600 crimes, notamment des meurtres et des viols. La France, quant à elle, commence à s'aventurer dans ce domaine. Le projet de loi proposé vise à encadrer l'utilisation de cette méthode.
Pourquoi la généalogie génétique est-elle un tournant potentiel pour la justice ? Elle offre la possibilité d'identifier des ADN inconnus trouvés sur des scènes de crime, même lorsque ces derniers n'ont jamais été reliés à un profil connu. En confrontant ces ADN à de vastes bases de données génétiques américaines, comme celles des sociétés privées de tests ADN, il devient possible de découvrir des liens familiaux.
Bien que ces tests soient interdits dans l'Hexagone, plus d'un million de Français ont déjà envoyé leurs échantillons aux États-Unis. Grâce à la puissance des technologies modernes, les enquêteurs peuvent identifier des marqueurs génétiques communs parmi des millions d'échantillons, allant même jusqu'à repérer des cousins éloignés.
Deux affaires résolues grâce à la généalogie génétique
La commissaire Charlotte Siwikin, responsable de l'office froid de la police judiciaire française, a déclaré sur RTL : "Cette technique nous donne énormément d'espoir d'identifier des criminels encore en liberté. Toutefois, il ne s'agit pas d'une solution miracle, car il peut parfois être nécessaire de remonter jusqu'au XIXe siècle. Le processus d'investigation en généalogie peut être complexe." Une fois le lien établi avec un ancêtre, les enquêteurs doivent retracer l'arbre généalogique jusqu'à d'éventuels suspects.
Cette approche a déjà porté ses fruits en France, notamment dans le cas du "prédateur des bois", un violeur en série des années 2000. En 2022, la police a soumis un ADN inconnu au FBI, qui a réussi à établir un lien avec un couple d'ancêtres datant du début du XXe siècle. Des résultats prometteurs comme ceux-ci pourraient transformer le paysage de la justice en France.







