Le Premier ministre Sébastien Lecornu a reconnu qu'il se heurte à un "vrai problème" à la suite d'un vote inattendu au Sénat, qui a entraîné la suppression d'une rallonge budgétaire cruciale pour les armées d'ici 2030. Il a lancé un appel aux parlementaires pour "trouver une solution" rapide.
Sur Public Sénat, en marge de la séance de Questions au gouvernement, Lecornu a laissé entendre qu'il souhaitait que les discussions sur l'actualisation de la loi de programmation militaire (LPM) se poursuivent. Ce texte a été examiné en détail par le Sénat, qui a prévu un vote solennel le 9 juin prochain.
Cependant, un rebondissement majeur a eu lieu dans la nuit de mardi à mercredi, lorsque le gouvernement a essuyé un revers significatif avec le rejet d'un article clé. Cet article définissait une trajectoire budgétaire pour atteindre 436 milliards d'euros en dépenses militaires d'ici 2030, soit une augmentation de 36 milliards par rapport à la précédente loi de programmation de 2023.
La droite sénatoriale, qui espérait obtenir une augmentation de 14 milliards pour les armées, a subi une défaite dans l'hémicycle. En réaction, elle a exigé le rejet total de l'article, compromettant ainsi la feuille de route budgétaire pour les prochaines années.
Lecornu a exprimé son inquiétude : "Nous traitons d'un sujet sérieux qui concerne la sécurité militaire. Il est essentiel d'avoir une trajectoire budgétaire viable. En ce moment, il n'y a plus de clarté dans le texte." Il a insisté sur la nécessité d'une collaboration entre les parlementaires tout en se montrant serein au sujet des évolutions possibles au sein de l’Assemblée nationale.
Des solutions pourraient rapidement émerger lors d'une commission mixte paritaire (CMP), qui se réunira après le vote du Sénat pour tenter de rétablir la trajectoire budgétaire et les fonds supplémentaires.
- La droite en "désaccord profond" -
Lors d'une conférence de presse, la droite sénatoriale a tenu à justifier son action. Cédric Perrin, président LR de la commission de la Défense, a fait savoir qu'il souhaitait "acte d'un désaccord profond avec le gouvernement". Il a déclaré : "Nous avons jugé que 436 milliards ne suffisaient pas à garantir la sécurité de notre pays, et nous nous engagerons jusqu'au bout de la négociation."
La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a pris acte de la situation en se montrant ouverte à des discussions au sein de la CMP, tandis que le groupe macroniste au Sénat a critiqué ce qu'il qualifie de "manoeuvre" de la droite, qui a, selon eux, amputé la LPM de ses éléments fondamentaux.
La loi de programmation militaire ne liera pas le gouvernement, étant donné que le budget annuel de la défense doit être voté chaque année au sein de la loi de finances. Cela dit, le Sénat a validé d'autres mesures, comme la création d'un nouveau service national militaire et volontaire d'une durée de dix mois, dont le recrutement a démarré en janvier dernier.







