Traditionnellement, les États-Unis assuraient la libre circulation dans les voies navigables, mais l'annonce par le président Donald Trump d'une taxe de 20 % sur le passage du détroit d'Ormuz marque une rupture significative. Les médias du Golfe réagissent avec étonnement, comparant cette proposition à la stratégie des Gardiens de la Révolution iraniens.
Al-Monitor, une source américaine spécialisée dans les affaires du Moyen-Orient, souligne que le président Trump, qui a pendant des mois dénoncé le contrôle iranien de cette voie maritime, envisage maintenant un projet “étonnamment similaire”. Lors d'une interview sur Fox News, Trump a indiqué que les États-Unis cherchaient à être remboursés “à hauteur de 20 % sur toutes les cargaisons transportées”. Cette initiative, qu'elle soit réalisable ou non, pourrait bouleverser la dynamique du commerce maritime, provoquant de vives inquiétudes parmi les pays du Golfe et au-delà.
Ce changement de cap, qui contredit les principes défendus jusqu'à présent par l'administration Trump, a été rappelé par The New York Times, qui cite Marco Rubio, ancien chef de la diplomatie, insistant sur le fait qu' « aucun pays n’est autorisé » à percevoir des frais sur une voie de passage international.
La réaction de l'Iran n'a pas tardé avec le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, qui a ironisé en notant que “vingt pour cent sont évidemment trop.” Il a proposé une alternative : “Nous serions plus équitables.” Cette proposition étrangère s'inscrit dans un contexte déjà tendu, où des missiles iraniens ont récemment attaqué deux tankers émiratis, comme l'a rapporté le ministère de la Défense des Émirats arabes unis.
Une stratégie européenne nécessaire
Selon The National d'Abou Dhabi, “dans un monde idéal, l'Europe devrait jouer le rôle de puissance diplomatique” en réunissant les nations tributaires de la libre navigation dans le détroit. Mais, à ce jour, l'Europe peine à définir une stratégie viable et semble manquer des ressources nécessaires pour se positionner comme protectrice des voies maritimes.
La crise du détroit d'Ormuz a récemment créé de nouvelles tensions, comme le signale l'éditorial du Oman Daily, qui met en lumière que “la situation est devenue critique”, mettant en question le cadre de navigation internationale. À présent, il ne s'agit plus simplement de menaces sur des navires, mais notamment de la définition des futures règles de passage.
Il est essentiel, selon le journal omanais, d'établir un cadre stable qui résiste aux conflits actuels et d'aborder la question de la navigation distinctement des autres enjeux, comme le dossier nucléaire ou les crises régionales. L'incapacité à séparer ces problèmes pourrait conduire à une récurrence des crises dans la région.
Finalement, les principes de navigation internationaux ont pour but d'éviter qu’un pays riverain n'exerce un pouvoir absolu sur des voies stratégiques, une responsabilité à laquelle Oman pourrait bien être appelé à contribuer, fort de son expérience dans la gestion d'un corridor maritime ouvert. Cela permettrait de garantir la continuité de la navigation dans un contexte géopolitique de plus en plus complexe.







