En Colombie, la violence politique fait des ravages. Le récent assassinat d'un candidat à la présidence lors d'un meeting à Bogotá illustre tragiquement cette brutalité. Miguel Uribe Turbay, figura montante de la droite conservatrice, a été abattu en plein discours, touché par des balles tirées par un jeune criminal de 14 ans. Marqué par l'héritage d'une famille politique ravagée par la violence, cet événement fait écho à une histoire sombre.
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Favori de la présidentielle, Miguel Uribe Turbay a été touché à plusieurs reprises avant de succomber après deux mois de coma. Son père, Miguel Uribe Londoño, âgé de 79 ans, a décidé de le remplacer en campagne pour les élections de mai prochain. Entouré d'une sécurité renforcée, le candidat évite désormais les meetings en plein air, devenu lui-même une cible potentielle.
Une famille décimée
Lors d'un échange poignant, le candidat évoque la tragédie familiale en déclarant : "Le faire taire à cause de ses idées est une méthode désespérée pour empêcher son ascension. Il rêvait d'une Colombie sans violence, où les enfants pourraient vivre en paix." La douleur est d'autant plus complexe pour M. Uribe Londoño, qui a également perdu sa femme, Diana Turbay Quintero, journaliste respectée et fille d'un ancien président, assassinée en 1991 pendant un enlèvement orchestré par les cartels.
Pablo Escobar, figure notoire du cartel de Medellín, a marqué les mémoires par ses atrocités, tuant plus de cent personnalités politiques et instillant la terreur dans le pays. Ce passé, à l'ombre des cartels de la drogue, revient hanter la Colombie. Dans les rues de Cali, les forces spéciales sont en alerte, tandis que la population subit à nouveau les conséquences d'une violence en résurgence.
Récemment, deux attaques attribuées aux cartels ont fait 20 morts et de nombreux blessés, mêlant civils à ce cycle tragique de violence. En réponse, les forces militaires se sont mobilisées, équipées pour parer à d'éventuelles nouvelles agressions contre les candidats. Plus de 1 000 soldats sont arrivés de Bogotá dans l'espoir de rétablir un semblant de sécurité.
Dans un climat tendu, la population est en émoi. Malgré une résurgence de la vie nocturne et des appels militaires à l'assistance, la peur demeure palpable. Les stratégies de sécurité s’intensifient, mais le spectre de la violence persiste, rappelant à chacun que la quête d'une Colombie apaisée est encore semée d'embûches.







