De notre envoyée spéciale à Menton,
« Je ne serre pas la main aux trous du cul. » Ce petit-déjeuner, sur la terrasse d’un café de Menton lors d’une matinée ensoleillée des Alpes-Maritimes, débute par un échange glacial pour Louis Sarkozy. Le candidat soutenu par LR, Horizons et Renaissance, aux élections municipales a croisé Alain, un résident âgé vivant ici depuis cinquante ans. Ce dernier, peu enclin à saluer un « parachuté », a clairement exprimé son scepticisme vis-à-vis de sa candidature. Cette interaction évoque les doutes de nombreux Mentonnais sur la sincérité de l'engagement de Sarkozy.
Habitué du petit écran, le fils de l’ancien président, malgré son nombre d'apparitions médiatiques, cherche à s’ancrer réellement dans la vie locale : « Le contact est essentiel », affirme-t-il, affichant sa détermination à être accessible aux électeurs.
Installé à Menton depuis un an et demi avec sa famille, ce dernier se veut rassurant : « Je suis là pour plusieurs mandats, pas juste pour passer », clame-t-il, en atteste à son projet politique élaboré et à l’équipe qui l’entoure.
Un parachutage qui fait débat
« L’externalité a aussi ses avantages à Menton », dit-il en se basant sur l'histoire politique locale, rappelant que des élus, comme Jean-Claude Guibal, n’étaient pas originaires de la ville. Néanmoins, la question reste : sa candidature sera-t-elle acceptée par les électeurs qui doutent de son authenticité ?
Des Mentonnais comme Léa, qui s'exprime autour d'un café, ne cachent pas leur scepticisme. « On ne le connaît ni d’Eve, ni d’Adam. Je ne comprends pas pourquoi il vient ici », déplore-t-elle, exprimant des sentiments partagés par beaucoup. Sa mère, Michelle, partage cet avis, affirmant que seuls les Mentonnais ont la légitimité de parler de leur ville.
« Il n’est pas de Menton, et alors ? »
Du côté des électeurs favorables, un commerçant souligne que « le renouveau est nécessaire ». Pour certains, la jeunesse de Sarkozy est un atout, attirant la proximité avec les préoccupations locales. Jean, un autre habitant, loue sa capacité à écouter et sa soif d’expériences.
Mentalité « village »
Cependant, Sandra Paire, candidate sans étiquette et ancienne adjointe de Guibal, mise sur sa fidélité à Menton. Bien qu’elle ait été écartée par LR, elle compte sur sa notoriété et sa compréhension des problématiques locales. Forcée par le contexte, elle se considère comme une candidate de terrain, bien qu’elle fasse face à des tensions internes.
A ce sujet, Antonio, un retraité, évalue la situation avec un léger amusement : « Promises and consequences, c’est le jeu », déclare-t-il en sirotant un café, tandis qu’il scrute le parcours de Sarkozy. Son ami Robert, lui, résume le sentiment général : « Il pourrait finir troisième, c’est très ouvert. »







