l'essentiel
Alors que le gouvernement reprend ses marques à l’Assemblée, la droite évalue les résultats des élections municipales et les prétendants à la présidentielle s'échauffent.
Gouvernement
Un dir cab au banc
Dans le cadre de son dernier remaniement, Sébastien Lecornu a, comme ses prédécesseurs, fait appel à des figures issues de la société civile pour intégrer le gouvernement. Cependant, certaines d'entre elles peinent à dissocier la gestion d'un pays de celle d’une entreprise ou d’une ONG. Deux nouvelles recrues semblent justifier leur absence aux Questions d’Actualité à l’Assemblée Nationale.
« C’est du temps perdu ! Pourquoi n’envoie-t-on pas le directeur de cabinet ? » s'interrogeait un ministre. Sa question reçut une réponse franche : « Les décideurs doivent être au banc pour assumer leurs réponses. » Peut-être est-ce également parce qu'un message n'est perçu par les Français que s'il est incarné ? L’Assemblée se présente comme un théâtre où l’apparence rivalise avec le fond, comme l'a souligné un observateur politique.
Municipales
Larcher sauve le socle commun
À droite, après le second tour des élections municipales, les langues se délient. « Rien n’avait été préparé. Ni Gabriel Attal ni Bruno Retailleau ne se sont préoccupés des municipales. Partout, on retrouvait des listes LR contre Renaissance », relatent plusieurs élus, dont un centriste qui salue l’intervention de Gérard Larcher (le Président du Sénat), permettant d’éviter des conflits internes majeurs. À l’approche d’une campagne présidentielle cruciale, l’unité entre le centre et la droite est essentielle pour la survie de cette coalition.
Présidentielle
La droite a besoin de décanter
Nous entrons dans une période où les ambitions politiques s’intensifient. Un spécialiste des dynamiques électorales prédit qu'avant l'été, de nombreux responsables prendront la parole pour annoncer leur candidature à la présidence. « Nous allons tous entendre des phrases grandiloquentes comme : 'La France est un grand pays'. Tous les candidats potentiels viendront présenter leur livre. Yaël Braun-Pivet va revendiquer le temps des femmes, tandis que Bruno Le Maire mettra en avant son CV, en vantant ses compétences linguistiques », explique cet élu. Il ajoute que cet été, alors qu’ils savourent un verre au bord de la piscine, ces mêmes responsables pourraient être confrontés à des questions de fond sur leur légitimité. À la rentrée, il pourrait ne rester que quelques candidats.
Essence
Le gouvernement veut tenir bon
Face à la hausse des prix à la pompe, la frustration des consommateurs s'accroît. Certains élus de la majorité commencent à s’inquiéter d’un retour des Gilets Jaunes, d’autant plus que le Rassemblement National agit comme un catalyseur de cette colère. Malgré ce climat tendu, un ministre « proche du dossier » évoque une certaine sérénité au sein du gouvernement.
« Le gouvernement, qui ne compte aucun candidat potentiel à la présidentielle, se concentre sur la gestion de crise. Nous n'allons pas nous engager dans une politique de concessions pour apaiser les électeurs. Seules certaines professions recevront un soutien », conclut-il, mettant en avant la nécessité d'une approche pragmatique face à la tempête électorale à venir.







