À une époque où le multiculturalisme est souvent célébré, les langues comme le gascon, le basque et l'occitan continuent de lutter pour leur survie. Un sujet qui fait débat alors que l’ancien ministre de l’Éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, a qualifié en avril les écoles immersives corses d'"illégales et inconstitutionnelles". Pour Michel Feltin-Palas, rédacteur de l’infolettre de L’Express "Sur le bout des langues", ces déclarations témoignent d’une peur persistante que la valorisation de ces langues mène au séparatisme.
Ghjiuseppu Turchini, président de Scola Corsa, témoigne de la réalité sur le terrain : "La langue corse recule sur l'île, et il est évident que sans soutien législatif, nous aurons du mal à la préserver." Ce sentiment de fragilité s'étend également à d'autres langues minorisées en France.
Guy Mondorge, président de l'Académie Gasconne, souligne l’importance de l’événement La Passem, qui vise à revivifier le gascon : "Bien que mon parcours politique soit républicain, ma passion pour la langue gasconne me pousse à agir." À l'opposé, la fête Herri Urrats, organisée par Seaska et co-présidée par Eric Etxart, attire l’attention sur le développement des écoles immersives basques. Ces établissements, qui comptent 4 300 élèves dans 39 écoles, servent de modèle, mais la menace plane toujours sur l’avenir de la langue basque.
Michel Feltin-Palas rappelle les conclusions alarmantes de l'UNESCO : si aucune mesure n'est prise, toutes les langues minorisées en France risquent de disparaître d'ici 2030. Une situation qui appelle à une réflexion urgente autour des politiques linguistiques et éducatives. La question reste donc ouverte : les langues régionales peuvent-elles réellement prospérer sans une défense législative robuste?







