Un pas vers la justice
Le parquet national antiterroriste a demandé la mise en accusation de Franck Elong Abé pour l'assassinat d'Yvan Colonna, survenu le 2 mars 2022 à la prison d'Arles. Cet événement tragique a laissé une empreinte indélébile sur la mémoire collective, notamment en Corse.
Il y a quatre ans, alors que Yvan Colonna purgeait une peine de réclusion à perpétuité pour l'assassinat du préfet Claude Erignac, il a été agressé mortellement par Franck Elong Abé. Selon les rapports, cette agression s'est produite dans la salle de sport de l’établissement pénitentiaire où Elong Abé, un détenu radicalisé, purgeait plusieurs peines en lien avec des actes terroristes.
Le procureur a précisé que les réquisitions de mise en accusation ont été formulées le 20 février 2026, marquant ainsi une avancée significative dans ce dossier. À l'époque de l'agression, Elong Abé était sous surveillance renforcée, classé comme détenu particulièrement signalé (DPS) à cause de sa dangerosité, une situation corroborée par de nombreux rapports d'enquête.
Lors de ses interrogatoires, Elong Abé a justifié son acte en affirmant que Colonna avait blasphémé contre le prophète Mohammed. Des déclarations qui ont soulevé des doutes sur son état mental, comme l'indiquent des experts consultés sur le dossier, mettant en lumière une « altération du discernement » due à des troubles psychologiques.
Dysfonctionnements au sein de l'administration pénitentiaire
Une commission d’enquête parlementaire a souligné qu’il existait de « graves défaillances » dans l'évaluation de la dangerosité d'Elong Abé ainsi qu'une rigueur excessive dans le traitement réservé à Colonna. Ce rapport, publié en mai 2023, a été suivi d'une enquête préliminaire qui conclut à des manquements de l'administration pénitentiaire, mais classée sans suite.
En février 2025, l'État a également été condamné à verser 75 000 euros aux héritiers de Colonna pour des « manquements fautifs de l’administration pénitentiaire ». Ce jugement a été fondé sur le défaut de surveillance et le manque de prise en charge spécifique de la radicalisation.
Les conséquences de cet incident ont provoqué des manifestations massives à travers la Corse, où la colère des étudiants et des lycéens a été particulièrement palpable, illustrant ainsi les tensions persistantes autour de cette affaire.







