Le Burkina Faso est confronté depuis jeudi à une série d'attaques perpétrées par des djihadistes présumés, visant des détachements militaires dans le nord et l’est du pays. Selon des sources sécuritaires, ces violences ont déjà causé au moins une dizaine de morts.
Le pays, sous la houlette d’une junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré depuis septembre 2022, fait face à une intensification des actes de violence de la part de groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique depuis plus d'une décennie. La dernière attaque en date a eu lieu dimanche, visant le détachement de Naré, dans le nord. Bien que les sources n’aient pas fourni de bilan précis, l’une d'elles a décrit l’attaque comme « de grande ampleur ».
Par ailleurs, le détachement de Titao a été ciblé par un groupe estimé à plusieurs centaines de terroristes, selon une source de l'Agence France-Presse (AFP). Bien qu’aucune perte humaine n'ait été rapportée pour cette attaque, des « installations techniques » ont été endommagées. Néanmoins, la situation serait « sous contrôle », et une dizaine d'assaillants auraient été « neutralisés lors de la riposte ».
La junte, critiquée par son manque de communication sur ces incidents, semble faire face à des défis croissants. Le ministère de l’Intérieur du Ghana a alerté sur « des informations inquiétantes » concernant une attaque sur un camion de commerçants de tomates à Titao.
Aussi, Tandjari, dans la région de l’Est, a subi une attaque, entraînant de « plusieurs pertes » parmi les agents des eaux et forêts occupant cette position. Selon une source de sécurité, « une coordination semble s’opérer parmi les djihadistes ».
Le même jour, le détachement militaire de Bilanga a été attaqué, entraînant la destruction partielle du site et causant une dizaine de morts parmi les soldats et les supplétifs civils de l’armée. Une source locale a confirmé les dommages dans la ville de Bilanga et a signalé une présence continue des assaillants le lendemain.
Malgré les promesses de la junte d'instaurer la sécurité rapidement, le Burkina Faso est bloqué dans un cycle de violence, ayant déjà subi des pertes humaines importantes. L’association Acled a documenté des dizaines de milliers de morts civils et militaires depuis 2015, plus de la moitié survenues au cours des trois dernières années.







