Malgré des interdictions sévères et des saisies spectaculaires, le pangolin se classe toujours comme l'animal le plus braconné à l’échelle mondiale, en proie à un trafic florissant entre l'Afrique et l'Asie. Ce mammifère, convoité pour sa viande délicate et ses écailles, fait face à un avenir de plus en plus sombre.
Sa notoriété a explosé lors de la pandémie de Covid-19, période durant laquelle il a été injustement accusé d'avoir propagé le virus. Néanmoins, en Asie, notamment en Chine, il est hautement prisé pour ses écailles, entraînant la création d'un trafic illégal prospère entre l'Afrique et l'Empire du Milieu.
Rien ne semble pouvoir freiner l'exploitation des ressources naturelles en Afrique. D'après des études récentes, un pangolin est abattu toutes les cinq minutes. Le phénomène est tel que, en 2026, cette espèce a été déclarée l’animal le plus braconné de la planète. Les images des saisies, comme celles de 2019 à Hong Kong où huit tonnes d’écailles, en provenance directe du Nigéria, ont été découvertes, illustrent l'ampleur de ce phénomène.
Des acteurs engagés dans la protection du pangolin rapportent un trafic sophistiqué et organisé. Ce réseau criminel implique des chasseurs de brousse, des commerçants pour le stockage, puis une logistique complexe dans des ports comme ceux du Cameroun et du Nigéria. Les marchandises empruntent plusieurs routes maritimes, rendant leur traçabilité quasiment impossible. Des saisies récentes ont révélé des écailles dissimulées dans des emballages inattendus, tels que des boîtes de pop-corn et des sacs de nourriture pour animaux, illustrant l'ingéniosité de ces trafiquants.
Pour mieux comprendre cette problématique, l'experte en conservation, Dr. Léa Moreau, souligne que "la lutte contre le braconnage nécessite non seulement des mesures légales, mais aussi une sensibilisation des populations locales sur l'importance de préserver ce trésor de la biodiversité".







