Les frappes menées par l'armée pakistanaise dans le centre de Kaboul le 16 mars ont causé des destructions massives et un bilan humain lourd, avec selon les autorités afghanes, jusqu'à 400 morts et 250 blessés. La ville est désormais submergée par des scènes de panique alors que les hôpitaux peinent à gérer la situation.
Au moment de ces frappes, des familles profitant de la soirée du Ramadan ont été surprises par des explosions qui ont résonné dans toute la capitale. Des témoins ont rapporté des scènes chaotiques où des ambulances se précipitaient pour transporter des blessés, beaucoup d'entre eux venant d'un centre de traitement pour toxicomanes touché par les bombardements.
D’après Zabihullah Mujahid, porte-parole du gouvernement afghan, ces attaques constituent un acte inhumain et violent, mettant en péril des vies civiles pour de faux prétextes. Des équipes de secours ont retrouvé de très nombreux corps parmi les décombres, et les hôpitaux sont débordés par l'afflux de blessés, comme le rapporte l'AFP.
Un lourd bilan à déplorer
Les chiffres varient selon les sources; si le ministère afghan de la santé évoque un bilan préliminaire pouvant aller jusqu’à 200 morts, le gouvernement craint en réalité un total allant jusqu'à 400 personnes tuées, des victimes parmi lesquelles figuraient des patients et leurs familles. Dejan Panic, le directeur d'un hôpital à Kaboul, a indiqué que parmi les blessés, plusieurs cas nécessitaient des soins d'urgence.
Les autorités pakistanaises ont tenté de justifier ces frappes en affirmant viser des cibles militaires et terroristes, une déclaration qui a suscité l'indignation au sein de la communauté internationale. La violence entre les deux pays, alimentée par des accusations mutuelles, fait désormais planer une menace de conflit ouvert, comme l’a souligné un émissaire des Nations Unies sur les réseaux sociaux.
Une escalade de tensions
Les tensions entre l'Afghanistan et le Pakistan se sont intensifiées ces derniers mois avec des échanges de coups de feu le long de la frontière et des bombardements de Kaboul. La mission des Nations Unies a enregistré la mort d’au moins 75 civils afghans dans des incidents liés à la violence entre le 26 février et le 13 mars, et plus de 115 000 familles ont été déplacées.
Richard Bennett, rapporteur spécial des Nations unies pour l'Afghanistan, a exprimé sa consternation face à cette escalade de la violence, réclamant des efforts pour protéger les civils et particulièrement les installations médicales.
Les conséquences humaines de ces frappes sont dramatiques : selon le Programme alimentaire mondial de l’ONU, l’instabilité croissante menace de plonger davantage de civils dans la famine. Les experts avertissent que la situation nécessite une attention urgente et que des solutions diplomatiques doivent être envisagées pour éviter un désastre humanitaire supplémentaire.







