“Pour attirer des fans, j’ai ouvert un compte OnlyFans pour vendre des photos de mon derrière”, a partagé la chanteuse britannique Kate Nash au début de cette année. Comme le souligne The Guardian, cette initiative survient après que Nash a accumulé “plus de 26 000 livres [environ 30 000 euros] de frais supplémentaires lors de sa dernière tournée européenne”. Le Brexit est pointé du doigt comme responsable de cette situation.
Alors qu'elle est connue pour son tube Foundations, Kate Nash représente une réalité plusLarge où de nombreux artistes et comédiens luttent face à une crise exacerbée par les nouvelles exigences post-Brexit, déplorent les experts du secteur.
Une Europe inaccessible
Entre 2016 et 2023, les exportations vers l'UE dans le secteur des arts du spectacle ont chuté de 1,15 milliard de livres à 929 millions de livres (environ 1,3 milliard à 1 milliard d'euros), comme l'indiquent les données de l'Office for National Statistics, l'équivalent britannique de l'Insee. “L'Europe se montre de plus en plus inaccessible”, déclare le Guardian, citant “des règles de visa restrictives limitant le travail à quatre-vingt-dix jours tous les six mois, accompagnées de démarches administratives compliquées”. En conséquence, le réputé National Theatre a arrêté ses tournées européennes en 2021.
Des directeurs de casting reconnaissent qu'il est devenu “plus simple d'engager un comédien britannique pour un job en Australie qu'en Europe”. La publication souligne qu’il a été suggéré aux agents de ne présenter que des candidats ayant un passeport européen, tandis que certains optent pour “blacklister les détenteurs d'un passeport britannique”.
Les stratégies des artistes face à l’adversité
Pour surmonter ces obstacles, certains comédiens tentent de “retrouver des racines familiales permettant d'obtenir une double nationalité”. D'autres, dépourvus de l’indispensable passeport européen, se livrent parfois à des activités illégales, risquant l'expulsion, comme le rapporte le quotidien londonien.
Bien que quelques célébrités comme Theo James, star de The White Lotus, réussissent toujours à naviguer dans ce contexte difficile grâce à leur notoriété, The Guardian note que “les artistes de la classe ouvrière ont subi la plus importante perte de perspectives de travail”. Jonathan Shalit, fondateur d'une agence artistique, déclare avec réalisme : “Nous avons pris la décision de quitter l'Europe, et cela a des conséquences que l'on subit maintenant.”







