Médecin et député représentant la Corse-du-Sud, Paul-André Colombani fait entendre sa voix dans le débat actuel autour des maternités. Au printemps dernier, il a proposé une loi visant à freiner la mortalité infantile, accompagnée d'un moratoire sur les fermetures des maternités. Selon lui, les décisions concernant la fermeture des établissements doivent aller au-delà des simples statistiques de naissances.
Colombani, issu d'une région isolée, s'oppose à la fermeture automatique des petites maternités, arguant que cela pourrait avoir des conséquences désastreuses. Il souligne que de nombreux établissements font face à des défis logistiques, et que les décisions doivent tenir compte des spécificités territoriales. Un avis partagé par de nombreux experts, bien que certains médecins, comme ceux de l'Académie de médecine, expriment leurs réticences.
Lors d'un entretien avec les médias, Colombani a révélé que son projet avait suscité des réactions variées. Dans un article du Monde, il a été qualifié de populiste, une étiquette qui l'a particulièrement déconcerté. Il affirme que ce débat devrait se concentrer sur des solutions concrètes plutôt que sur des critiques. "Nous sommes le 23e pays européen en termes de mortalité infantile; nous devons nous préoccuper de la sécurité des femmes et des enfants dans toutes les régions," a-t-il déclaré.
Le député évoque aussi le drainage des praticiens vers des établissements mieux dotés en ressources, rendant difficile le maintien d'une offre de soins suffisante dans les maternités de proximité. Un cas récent, où un gynécologue a dû être envoyé de toute urgence pour pallier un manque de personnel, illustre les tensions au sein du système de santé.
"C'est un cercle vicieux : moins de moyens, moins d'attractivité pour les maternités, et plus de risques pour les femmes éloignées des soins," affirme Colombani.
En avril 2025, sa proposition de loi a été adoptée par l'Assemblée nationale, mais peine à trouver un écho favorable au Sénat. Selon Colombani, la controverse a refroidi certains sénateurs, rendant le suivi législatif plus difficile. Malgré cet obstacle, il reste déterminé à faire progresser sa cause, conscient des enjeux cruciaux que cela représente pour la santé publique. "Si j'avais été député socialiste ou LR, cela aurait été plus simple," conclut-il, en évoquant la complexité de la situation politique actuelle.







